Actualisé 07.04.2020 à 04:52

UKDuffy: «Il m'a droguée dans ma maison pendant quatre semaines»

Le 26 février dernier, la chanteuse révélait qu'elle avait été séquestrée et violée. Quelques semaines plus tard, elle raconte dans les détails cette terrible épreuve.

par
Lematin.ch
La chanteuse galloise, ici photographiée en 2010.

La chanteuse galloise, ici photographiée en 2010.

Keystone

Duffy a pris environ dix ans pour parler publiquement du calvaire qu'elle a vécu. Quelques semaines après avoir révélé qu’elle a été violée, droguée et séquestrée, elle a raconté son histoire en détails sur son site internet. «C’était mon anniversaire. J’ai été droguée dans un restaurant. J’ai été droguée pendant quatre semaines et on m’a emmenée dans un pays étranger. Je ne me rappelle pas d’avoir pris l’avion, j’ai repris connaissance à l’arrière d’une voiture», a-t-elle expliqué. «On m’a mise dans une chambre d’hôtel et l’agresseur est revenu et m’a violée.»

Finalement, la chanteuse a repris l’avion avec son bourreau, qui l’a ensuite ramenée chez elle, au Royaume-Uni. «J’ai repris l’avion avec lui, j’ai essayé de rester aussi calme et normale que possible étant donnée la situation et quand je suis rentrée chez moi, je me suis assise, étourdie, tel un zombie. Je savais que je courrais un danger immédiat, il avait avoué à demi-mots qu'il voulait me tuer.»

«J’avais l’air morte»

«L’auteur m’a droguée dans ma propre maison pendant quatre semaines. Je ne sais pas s’il m’y a violée pendant cette période», a poursuivi la chanteuse, qui a ensuite expliqué qu’elle était restée prostrée chez elle. «Après que cela se soit produit, quelqu’un que je connaissais est venu chez moi et m’a vue sur mon balcon regardant fixement dans le vide, enveloppée dans une couverture. Je ne me souviens pas d’être rentrée chez moi. La personne m’a dit que j’étais jaune, et que j’avais l’air morte.»

«Par la suite, je n’étais pas à l’aise à l’idée d’aller voir la police. Je sentais que si quelque chose se passait mal, je serais morte, il m’aurait tuée. Je ne pouvais pas risquer d’être maltraitée ou de faire la une des journaux télévisés. Je devais suivre mon instinct», a-t-elle poursuivi.

Elle a déménagé cinq fois en trois ans

Finalement, Duffy a raconté son calvaire pour la première fois «des mois plus tard» à une psychologue britannique experte en matière de traumatismes et de violences sexuelles. «Sans elle, je n’aurais peut-être pas réussi à m’en sortir. Elle a appris à me connaître, m’a vu comme une personne, et m’a guidée. Elle l’a fait avec beaucoup de douceur. Je n’ai pas pu la regarder dans les yeux pendant les huit premières séances.»

Dans les années qui ont suivi son agression, Duffy a déménagé à de multiples reprises. «J’ai mis tant de temps à parler parce qu’après avoir été violée et retenue en captivité, j’ai fui. J’ai déménagé cinq fois dans les trois années qui ont suivi, sans jamais me sentir à l’abri du violeur. J’ai fui pendant si longtemps.»

C'est du passé

Aujourd'hui, l'interprète de «Mercy» a réussi à faire le deuil de son passé, et souhaite raconter son histoire pour enfin s’en libérer. «Je partage tout ça parce que nous vivons dans un monde qui souffre, et je n’ai plus honte que quelque chose m’ait blessé à ce point. Je crois que si vous parlez avec votre cœur, le cœur des autres vous répondra. Aussi sombre que soit mon histoire, je parle avec mon cœur, pour ma vie et pour la vie des autres, qui ont souffert de la même manière.»

«Je peux maintenant laisser cette décennie derrière moi. J’espère ne plus avoir à répondre aux questions sur mon histoire, maintenant que vous savez... Et que je suis libre», a-t-elle conclu.

FDA

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