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EPIDEMIEEbola, la «plus grave urgence sanitaire des dernières années»

Les présidents Obama et Hollande, la chancelière Merkel et les premiers ministres Renzi et Cameron ont qualifié le virus de «plus grave urgence sanitaire de ces dernières années»

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Des chercheurs ont découvert un anticorps qui neutralise les trois principales souches du virus Ebola en analysant le sang d'un survivant de la dernière épidémie en Afrique. Cette découverte pourrait ouvrir la voie à un premier vaccin doté d'une efficacité étendue. (Jeudi 18 mai 2017)

Des chercheurs ont découvert un anticorps qui neutralise les trois principales souches du virus Ebola en analysant le sang d'un survivant de la dernière épidémie en Afrique. Cette découverte pourrait ouvrir la voie à un premier vaccin doté d'une efficacité étendue. (Jeudi 18 mai 2017)

Keystone
Un vaccin contre Ebola, mis au point par des chercheurs canadiens, fera prochainement l'objet d'une nouvelle phase d'essais cliniques. (Mardi 18 octobre 2016)

Un vaccin contre Ebola, mis au point par des chercheurs canadiens, fera prochainement l'objet d'une nouvelle phase d'essais cliniques. (Mardi 18 octobre 2016)

Keystone
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré la fin de l'épidémie Ebola en Guinée. (Mercredi 1er juin 2016)

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré la fin de l'épidémie Ebola en Guinée. (Mercredi 1er juin 2016)

AFP

L'épidémie d'Ebola qui a fait près de 4500 morts est «la plus grave urgence sanitaire de ces dernières années» pour les responsables occidentaux qui multiplient les mesures pour éviter qu'elle ne s'étende au-delà de l'Afrique de l'ouest.

Le Conseil de sécurité a demandé pour sa part aux pays membres de l'ONU «d'accélérer et d'étendre de manière spectaculaire leur aide financière et matérielle» aux pays touchés par l'épidémie d'Ebola. Leurs structures sanitaires rudimentaires sont incapables de faire face à la crise sans précédent.

Une deuxième infirmière atteinte du virus

L'infection d'une deuxième soignante dans un hôpital du Texas, qui s'occupait d'un malade libérien depuis décédé, a provoqué la stupeur et fait craindre que les autorités sanitaires aux Etats-Unis n'aient pas pris toute la mesure du risque.

Elle a aussi mis en lumière des hoquets dans les procédures pour éviter de nouvelles contaminations.

Barack Obama a annulé au dernier moment un déplacement prévu de longue date pour convoquer l'équipe chargée de coordonner la réponse face à l'épidémie. Il devait s'exprimer à l'issue de cette réunion.

En France, le président François Hollande a annoncé la mise en place d'«un dispositif de contrôles à l'arrivée des vols en provenance de la zone touchée par le virus».

Conférence avec les chefs d'état européens

Il a également pris l'initiative de conférer par vidéo avec François Hollande, la chancelière allemande Angela Merkel et les chefs de gouvernement britannique et italien David Cameron et Matteo Renzi.

Selon la Maison Blanche, il a demandé aux dirigeants européens de faire un effort plus important. Une critique récurrente alors que les Etats-Unis ont envoyé des centaines de militaires dans la zone de crise et promis de débloquer des centaines de millions de dollars.

Réunion jeudi à Bruxelles

Selon un compte-rendu de l'Elysée de la vidéoconférence, «l'ensemble des dirigeants ont fait part de leur solidarité avec les pays touchés et appelé à la mobilisation de la communauté internationale et de l'Union européenne, en étroite coordination avec les Nations Unies, l'OMS et les pays concernés», a déclaré l'Elysée dans un communiqué.

Les ministres de la Santé européens doivent se réunir jeudi à Bruxelles pour rassurer les Européens, après l'annonce la semaine dernière de la contamination d'une aide-soignante à Madrid.

Polémique quant aux mesures de sécurité aux USA

La polémique enfle aussi aux Etats-Unis sur l'insuffisance des mesures de sécurité prises pour éviter la propagation du virus, alors que les autorités s'étaient voulues très rassurantes dans un premier temps.

Cette seconde contamination est «très inquiétante», ont avoué les autorités sanitaires américaines qui se «préparent à l'éventualité de nouveaux cas dans les jours prochains».

L'inquiétude a encore bondit d'un cran quand les autorités ont révélé que la deuxième soignante contaminée avait pris l'avion après s'être occupée du malade libérien. Les autorités sanitaires ont demandé aux passagers de cet avion de se signaler.

Aucun protocole n'aurait été fourni à Dallas

Le directeur des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), Tom Frieden, avait émis l'hypothèse d'un manquement aux procédures pour expliquer le premier cas de contamination.

Mais un syndicat d'infirmières a répliqué qu'aucun protocole n'avait été fourni pour traiter les patients touchés à l'hôpital de Dallas.

A l'instar de la France, les Etats-Unis avaient instauré des contrôles dans cinq de leurs grands aéroports internationaux, mais ils ne concernent que les passagers sur des vols en provenance du Liberia, de Guinée et de Sierra Leone, les trois pays les plus touchés par l'épidémie.

Un «plan national» au Maroc

Le Maroc a de son côté annoncé le lancement d'un «plan national» pour «empêcher l'entrée du virus Ebola» dans le royaume, un des rares pays à avoir maintenu ses liaisons aériennes directes avec les principaux foyers de l'épidémie en Afrique de l'Ouest.

Le Premier ministre tchèque a également indiqué que tous les voyageurs arrivant à l'aéroport de Prague en provenance des zones touchées devraient désormais se soumettre à des tests de température et remplir des formulaires médicaux.

A Dubaï, le premier cas suspect dans le Golfe a été repéré mercredi. Le passager qui arrivait du Libéria via le Maroc a été placé en quarantaine.

4493 morts sur 8997 cas enregistrés

Selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), la fièvre hémorragique a fait 4.493 morts sur 8.997 cas enregistrés dans sept pays (Liberia, Sierra Leone, Guinée, Nigeria, Sénégal, Espagne et Etats-Unis).

Le monde est en train de perdre la guerre contre Ebola, a de son côté averti l'ONU, tandis que l'OMS craint jusqu'à 10'000 nouveaux cas par semaine prochainement en Afrique de l'Ouest.

L'épidémie «est loin devant nous, elle va plus vite que nous et elle est en train de gagner la course», a lancé mardi Anthony Banbury, chef de la mission des Nations unies chargée de coordonner la réponse d'urgence à Ebola (UNMEER).

Les USA versent 142 millions de dollars pour le Liberia

L'OMS a dit craindre une explosion dans les trois pays d'Afrique de l'Ouest où se concentre l'épidémie et où le taux de mortalité peut atteindre 70%.

«Début décembre, on pourrait avoir de 5000 à 10'000 nouveaux cas par semaine» au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée, contre un millier actuellement, a affirmé mardi le docteur Bruce Aylward, directeur général adjoint de l'OMS.

Au Libéria, le pays le plus durement touché par l'épidémie, les personnels soignants ont repris le travail mardi soir après deux jours de grève. Les Etats-Unis se sont engagés à verser 5 millions de dollars pour les dédommager portant leur aide à un total de 142 millions de dollars pour le Liberia.

Ci-dessous, une infographie du Washington Post revient sur le manque de matériel pour contenir l'épidémie au Libéria dans les semaines qui viennent:

(AFP)

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