Actualisé 13.11.2014 à 21:26

EpidémieEbola: le Liberia lève l'état d'urgence

Le Libéria, pays le plus touché par Ebola, a levé l'état d'urgence instauré le 6 août. Les premiers essais cliniques sont prévus en décembre.

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Des chercheurs ont découvert un anticorps qui neutralise les trois principales souches du virus Ebola en analysant le sang d'un survivant de la dernière épidémie en Afrique. Cette découverte pourrait ouvrir la voie à un premier vaccin doté d'une efficacité étendue. (Jeudi 18 mai 2017)

Des chercheurs ont découvert un anticorps qui neutralise les trois principales souches du virus Ebola en analysant le sang d'un survivant de la dernière épidémie en Afrique. Cette découverte pourrait ouvrir la voie à un premier vaccin doté d'une efficacité étendue. (Jeudi 18 mai 2017)

Keystone
Un vaccin contre Ebola, mis au point par des chercheurs canadiens, fera prochainement l'objet d'une nouvelle phase d'essais cliniques. (Mardi 18 octobre 2016)

Un vaccin contre Ebola, mis au point par des chercheurs canadiens, fera prochainement l'objet d'une nouvelle phase d'essais cliniques. (Mardi 18 octobre 2016)

Keystone
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré la fin de l'épidémie Ebola en Guinée. (Mercredi 1er juin 2016)

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré la fin de l'épidémie Ebola en Guinée. (Mercredi 1er juin 2016)

AFP

La lutte contre Ebola entrait jeudi 13 novembre dans une phase de contre-offensive, avec la levée de l'état d'urgence au Liberia, le pays le plus touché, et l'annonce de premiers essais en décembre en Afrique pour des traitements cliniques.

Annonçant la levée de l'état d'urgence instauré le 6 août, la présidente du Liberia Ellen Johnson Sirleaf a prévenu que la bataille était loin d'être gagnée, malgré un net ralentissement des contaminations depuis un mois, en particulier dans la région de la capitale, Monrovia.

5000 morts, la moitié au Liberia

Le virus, qui a tué plus de 5000 personnes, dont la moitié au Liberia, se propage toujours intensément en Sierra Leone et dans certaines régions de Guinée, les deux autres pays les plus affectés, et le Mali essaie de juguler la contamination après plusieurs décès à Bamako, la capitale.

«Aujourd'hui nous pouvons tous être fiers des progrès», a lancé Ellen Johnson Sirleaf lors dans une déclaration à la radio et à la télévision, en annonçant une réouverture progressive des marchés et des écoles et un allègement du couvre-feu nocturne.

Suivi à la loupe en Sierra Leone

Les Etats-Unis, qui ont déjà déployé dans ce pays quelque 2200 militaires, ont annoncé qu'ils porteraient leurs effectifs à un maximum de 3000, et non 4000 comme estimé précédemment.

En tournée dans les trois pays les plus touchés, le nouveau commissaire européen aux Affaires humanitaires, Christos Stylianides, nommé coordinateur de l'Union européenne sur Ebola, s'est dit «inquiet» de l'augmentation du nombre de cas dans certaine régions de Sierra Leone, y compris la capitale, Freetown.

Essais cliniques prévus en décembre

Sur le front de la recherche, les premiers essais de deux traitements cliniques contre cette fièvre hémorragique vont commencer en décembre dans des centres de soins en Guinée, et éventuellement un troisième au Liberia.

Il s'agit de deux antiviraux et d'une thérapie à base de sang et de plasma de survivants, les résultats de ces essais étant attendus à partir de février 2015, a précisé Médecins sans Frontières (MSF).

«C'est un partenariat international sans précédent qui représente un espoir pour les malades d'obtenir enfin un vrai traitement d'une maladie qui tue aujourd'hui entre 50 et 80% de ceux qui sont infectés», a souligné le Dr Annick Antierens, qui coordonne les essais pour MSF.

Des anticorps très puissants pour les survivants

Le coordinateur des essais d'un de ces traitements, à l'hôpital Donka de Conakry, le Dr Johan Van Griensven, de l'Institut de médecine tropicale d'Anvers (IMT, Belgique)a expliqué à l'AFP que «les patients qui ont survécu à Ebola développent des anticorps dans le sang qui sont très puissants pour bloquer le virus».

Le traitement vise donc à utiliser ces anticorps afin d'«augmenter la probabilité de survie pour les patients», a précisé le Dr Van Griensven, soulignant qu'en cas de succès il faudrait encore s'assurer l'agrément des populations.

Inquiétude au Mali

Au Mali voisin, dernier pays touché, l'inquiétude régnait après trois morts liées à un patient venu de Guinée hospitalisé dans une clinique de Bamako.

L'alerte a été lancée mardi soir après le décès d'un infirmier qui avait soigné ce patient, mort le 27 octobre, tout comme un ami venu lui rendre visite dans l'établissement, selon un rapport de l'OMS.

A Bamako, plusieurs dizaines de personnes ont été placées sous surveillance, dont un «cas très suspect», selon des sources médicales, ainsi que 22 soldats de la Mission de l'Onu (Minusma), traités dans cette clinique pour d'autres pathologies.

Pour les acteurs de la lutte, la mobilisation internationale ne doit pas mollir.

La moitié des pays du G20 ne participent pas à la lutte

Plusieurs professionnels de santé d'Afrique de l'Ouest ainsi que l'ONG Oxfam ont appelé les pays du G20, qui se réunissent ce week-end en sommet à Brisbane (Australie), à renforcer leur aide, estimant que «presque la moitié» n'assument pas «leur part» de contribution financière au combat contre le virus.

Le Fonds monétaire international (FMI) s'est dit prêt jeudi à étudier un allègement de la dette des trois pays les plus touchés, comme l'ont suggéré les Etats-Unis, et s'est montré plus alarmiste sur l'impact économique d'Ebola, considérant que l'épidémie ne serait pas maîtrisée avant la «seconde moitié» de 2015.

La CAN-2015 en question

Sur le front sportif, l'incertitude demeure sur l'organisateur de la CAN-2015, après le retrait de la compétition au Maroc qui réclamait un report en raison du risque Ebola.

Le président de la Confédération africaine de football (CAF) Issa Hayatou était attendu vendredi en Guinée Equatoriale pour s'entretenir avec le chef de l'Etat Teodoro Obiang Nguema, alors que l'Angola a déclaré forfait et que le Qatar, pays d'Asie, s'est posé en recours.

Ebola en chiffres

(ats)

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