23.09.2015 à 07:22

New YorkEcoliers en congé lors de fêtes juive et musulmane

Mercredi, les écoles publiques de New York seront fermées, à l'occasion du Yom Kippour. Et, pour la première fois, elles le seront aussi jeudi, jour de l'Aïd el-Kébir.

Image d'illustration. Mercredi et jeudi, les enfants n'auront pas à sauter dans un bus scolaire: ils sont en congé.

Image d'illustration. Mercredi et jeudi, les enfants n'auront pas à sauter dans un bus scolaire: ils sont en congé.

Keystone

Les écoles publiques de New York resteront fermées pour la première fois, jeudi, à l'occasion de l'Aïd el-Kébir, l'une des grandes fêtes de l'islam. Le maire démocrate Bill de Blasio avait annoncé la mesure en mars dernier, «pour refléter la force et la diversité de notre ville».

Les 1,1 million d'élèves des 1800 écoles new-yorkaises seront ainsi en congé jeudi, après l'avoir déjà été mercredi, à l'occasion de la fête juive de Yom Kippour. Les écoles new-yorkaises fermaient déjà pour plusieurs fêtes juives et chrétiennes.

Bill de Blasio avait annoncé en mars l'ajout de deux jours de congés pour les fêtes musulmanes de l'Aïd el-Kébir (ou Aïd al-Adha), la fête du sacrifice, et, à partir de l'été 2016, pour la fête de l'Aïd el-Fitr, la fête qui marque la fin du jeûne du ramadan. Depuis, il a encore rajouté un autre jour de congé au calendrier scolaire: celui du Nouvel an lunaire, observé en Chine et dans de nombreux pays asiatiques. Il sera célébré en 2016 le 8 février.

Dilemme évité

«C'est une grande victoire de voir ce jour arriver», a expliqué à l'AFP Linda Sarsour, membre de la Coalition for Muslim School Holidays et mère de trois enfants.

«En tant qu'imam et parent, je suis très heureux», a également déclaré l'imam Shamsi Ali, directeur du Jamaica Muslim Center dans le quartier du Queens. «Je pense que ce genre de politique va contribuer à donner aux musulmans un sentiment d'appartenance», a-t-il ajouté.

Les parents musulmans étaient jusqu'à présent confrontés à un dilemme: garder les enfants et leur faire manquer la classe, ou les envoyer à l'école et ne pas célébrer la journée. «Nous nous étions engagés vis-à-vis des familles à changer notre calendrier scolaire, pour refléter la force et la diversité de notre ville. Des centaines de milliers de familles musulmanes n'auront plus à choisir entre respecter les jours les plus sacrés de leur calendrier ou aller à l'école», avait expliqué en mars Bill de Blasio, dont c'était une promesse de campagne.

Les enfants musulmans représentent un peu moins de 10% des élèves des écoles publiques de New York, selon les autorités. Entre 7 et 10 millions de musulmans vivent aux Etats-Unis, dont 1 million environ à New York.

Pas une première aux Etats-Unis

New York n'est pas pionnière en la matière. Certaines écoles des Etats du Vermont, du Massachusetts et du New Jersey, tous dans le nord-est des Etats-Unis, ferment déjà pour les fêtes musulmanes.

Depuis plusieurs années, les leaders de la communauté musulmane de New York demandaient ces jours de congés, et certains espèrent que cette prise en compte des fêtes musulmanes contribuera à lutter contre l'islamophobie.

«La période est très tendue», explique Linda Sarsour. «Personne ne peut parler d'islam sans parler de terrorisme».

Le 8 septembre, un Americain Sikh a été sévèrement battu près de Chicago par un adolescent qui l'avait traité de «terroriste» en raison de sa peau foncée et de son turban.

A Detroit, une mosquée s'est vu récemment refuser un permis de construire. Et au Texas, un musulman de 14 ans, fils d'immigrants soudanais, a été arrêté pour avoir construit une horloge, dont ses professeurs pensaient que c'était une bombe.

L'un des candidats républicains à la présidence, Ben Carson, un neuro-chirugien noir à la retraite, a aussi jeté de l'huile sur le feu en affirmant ce week-end qu'un musulman ne pouvait pas être président des Etats-Unis.

«Message d'intégration»

«Dans ce climat de hausse du sentiment anti-musulman et de la rhétorique anti-musulmans» (...) le jour de congé accordé aux élèves pour l'Aïd el-Kébir arrive au bon moment, estime Ibrahim Hooper, porte-parole du Council on American- Islamic relations (CAIR), la plus grande organisation de défense des droits civiques des musulmans aux Etats-Unis. «Cela envoie un message très positif d'intégration», dit-il.

(AFP)

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