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SuisseEconomiesuisse abaisse ses prévisions de croissance

L'organisation financière s'attend désormais à une hausse du PIB de 1,8% cette année alors que dans ses précédentes prévisions elle tablait sur 2,3%.

Archives/photo d'illustration, Keystone

Economiesuisse tempère ses perspectives de croissance pour la Suisse avec une progression du produit intérieur brut (PIB) de 1,8% cette année et de 1,6% l'année prochaine. Dans ses précédentes prévisions, publiées en juin, elle tablait encore sur 2,3% en 2014 et 2% en 2015.

L'atonie des marchés européens ainsi que l'essoufflement des moteurs de la croissance intérieure expliquent la baisse de régime, a expliqué lundi à Zurich Rudolf Minsch, le chef économiste de la Fédération des entreprises suisses. Les difficultés économiques des voisins italiens et français pèsent particulièrement sur les performances helvétiques. Même l'Allemagne s'affaiblit.

Mais si la mauvaise conjoncture européenne freine les exportations helvétiques, les entreprises profiteront l'année prochaine des marchés extra-européens. L'essor viendra en particulier des États-Unis et de l'Asie du Sud-Est.

Dans ce contexte, les exportations, qui avaient stagné en 2013, vont clairement rebondir avec une expansion de 3,5% cette année. L'an prochain, la progression va se poursuivre avec une hausse de 2,9% des envois à l'étranger.

Les exportateurs s'affirment

Dans un environnement demeurant difficile, les exportateurs helvétiques s'affirment, notamment à la faveur d'une large diversification, même si la Suisse reste fortement dépendante du secteur pharmaceutique, a poursuivi Rudolf Minsch. Ils tirent aussi profit d'une clientèle élargie avec des débouchés à l'extérieur de la zone euro.

Selon les secteurs, la chimie et la pharmacie devraient afficher une croissance légèrement moins dynamique, celle-ci demeurant néanmoins supérieure à la moyenne. Il devrait en aller de même pour l'horlogerie et les techniques médicales, tout comme pour les services de conseils, de fiduciaire et de révision.

Pilier de la croissance économique de la Suisse ces dernières années, la consommation intérieure connaît pour sa part un essoufflement. Les dépenses de santé ainsi que celles dans la construction ont atteint un pic de croissance.

Les investissements dans le bâtiment ne vont pas pour autant s'effondrer, avec une croissance de 1,8% cette année et un repli de 0,2% en 2015. Le secteur de la construction maintiendra un niveau d'activité élevé.

Taux de chômage stable

La consommation des ménages devrait se tasser cette année, avec une hausse de 1,4%, contre 2,2% en 2013. Et pour l'an prochain un ralentissement à 1,3% est prévu. Les dépenses publiques vont elles marquer une pause cette année avec une croissance de 1,1%, avant de rebondir à 1,9% en 2015.

Le renchérissement devrait rester faible à 0,1% cette année, puis 0,3% en 2015. Le taux de chômage est attendu quasiment stable sur les deux prochaines années, à respectivement 3,2% et 3,3%.

Dans ses hypothèses, economiesuisse a anticipé le refus par le peuple dimanche de l'initiative sur l'or ainsi que celle lancée par le comité Ecopop. Saluant les décisions, Rudolf Minsch s'est cependant dit surpris par l'ampleur du rejet.

La reprise conjoncturelle très inégale selon les régions devrait encore soutenir un certain temps les politiques monétaires expansives. Mais la Réserve fédérale (Fed) devrait commencer à tester les marchés avec un léger resserrement des taux directeurs au second semestre 2015, a estimé Rudolf Minsch.

Politique monétaire inchangée

En revanche, la Banque centrale européenne (BCE) devrait maintenir le cap, tant que les problèmes structurels de la zone euro n'auront pas été résolus. La Banque nationale suisse (BNS) ne devrait donc pas agir avant 2016, moment auquel un resserrement pourrait intervenir.

Pour mémoire, ces dernières semaines, nombre d'instituts de recherches et de banques ont revu à la baisse leurs anticipations quant à la croissance de l'économie suisse cette année et en 2015. Le centre de recherches conjoncturelles zurichois KOF attend par exemple une progression du produit intérieur brut (PIB) de 1,7% en 2014, contre 1,8% encore en juin , et d'autant en 2015.

Le panel d'experts sondés par le KOF a lui aussi prévu hausse du PIB de 1,7% en 2014 et de 1,9% en 2015. Le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) a abaissé de 2% à 1,8% sa prévision pour l'année en cours et de 2,6% à 2,4% celle pour 2015.

La Banque nationale suisse (BNS) a revu ses attentes de croissance à 1,5% pour cette année, contre environ 2% auparavant.

(ats)

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