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Immigration de masseEconomiesuisse met en garde contre deux initiatives

Selon l'organisation faitière des patrons, un «oui» aux initiatives contre l'immigration de masse de l'UDC et Ecopop créerait une importante insécurité économique en Suisse et remettrait en cause l'accord sur la libre circulation.

Affiche de l'UDC sur l'initiative contre l'immigration de masse.

Affiche de l'UDC sur l'initiative contre l'immigration de masse.

ARCHIVES, Keystone

A plus de deux mois des votations, economiesuisse a lancé jeudi sa campagne contre les deux initiatives contre l'immigration de masse. Ils remettraient en cause l'accord sur la libre circulation, selon un avis de droit.

«Si le peuple dit 'oui' à une de ces deux initiatives, cela risque de mettre en danger les accords bilatéraux. On touche à un des éléments essentiels du marché intérieur. Est-ce que l'Union européenne serait prête à accepter que la Suisse refixe des contingents?», s'est interrogée Christine Kaddous, directrice du Centre d'études juridiques européennes et chargée de rédiger l'avis de droit.

Au cas où l'Union européenne (UE) refuserait de renégocier les accords, ceux-ci seraient dénoncés, déclenchant la fameuse clause guillotine, qui mettrait en danger d'autres accords concernant la recherche ou les transports par exemple.

Mauvais pour les affaires

Tout cela créerait une insécurité néfaste pour la Suisse dans une période économique déjà difficile, a souligné à plusieurs reprises Jan Atteslander, directeur de la politique économique extérieure au sein d'economiesuisse. Et l'insécurité est ce qui est le plus redouté par les entreprises.

A ses côtés, Josef Maushart, directeur général de l'entreprise exportatrice Fraisa, spécialisée dans les pièces de fraisage, à Bellach (SO), opine du chef. «Si je prends mes responsabilités en tant qu'entrepreneur, je devrais délocaliser dans l'Union européenne pour y échapper», a-t-il déclaré, avant de préciser que ce qu'il souhaite avant tout est de pouvoir rester en Suisse.

L'insécurité économique causée par l'incertitude liée au rejet des accords bilatéraux n'est pas le seul problème pour les entreprises. «Il est déjà difficile maintenant de recruter non seulement du personnel qualifié, mais aussi des apprentis. Ces initiatives n'apportent aucune réponse à ces problèmes», a remarqué Josef Maushart, un Bavarois qui «se sent Suisse».

Trains toujours bondés après le 9 février

Revenant à la charge, Jan Atteslander se demande si les Suisses «veulent vraiment accepter une initiative qui nous créera une montagne de problèmes sans résoudre les actuels: les trains seront toujours aussi bondés après le 9 février, et il sera toujours aussi difficile de trouver un logement à Zurich, Lausanne ou Genève.»

Le 9 février, le peuple aura à se prononcer sur l'initiative populaire de l'UDC «contre l'immigration de masse». Elle vise à réintroduire des plafonds annuels à l'immigration ainsi que des contigents aux autorisations de séjours. Selon un sondage réalisé sur internet et publié fin octobre, une courte majorité (52%) des Suisses seraient en faveur du texte.

Les citoyens devront aussi trancher le sort de l'initiative Ecopop «Halte à la surpopulation», visant à limiter l'immigration et à contrôler la croissance de la population pour protéger l'environnement. Enfin, ils s'exprimeront finalement sur l'élargissement de la libre circulation à la Croatie.

(ats)

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