05.12.2019 à 10:07

Prévisions conjoncturellesEconomieSuisse plus pessimiste pour 2019

EconomieSuisse dresse un tableau relativement sombre pour les prévisions conjoncturelles de 2019. En cause, entre autres, le conflit Chine-USA ou encore le Brexit.

Economiesuisse dresse un tableau relativement sombre, citant le ralentissement de la croissance mondiale et des volumes du commerce international.

Economiesuisse dresse un tableau relativement sombre, citant le ralentissement de la croissance mondiale et des volumes du commerce international.

archive/photo d'illustration, Keystone

Les augures d'EconomieSuisse ont passé un sérieux coup de rabot sur leurs prévisions conjoncturelles de cette année. Les attentes en matière de croissance du PIB plafonnent ainsi à 0,9% en 2019, contre 1,4% dans leurs précédentes estimations du mois de juin.

Pour 2020, la faîtière a maintenu ses prévisions de produit intérieur brut inchangées à 1,2%, a-t-elle indiqué jeudi dans un communiqué. Elle a cependant fait remarquer que les recettes issues de grands événements sportifs internationaux (Jeux olympiques, Championnat d'Europe de football) allaient positivement influencer les chiffres de la croissance, en raison de la présence en Suisse de nombreuses fédérations sportives mondiales.

EconomieSuisse a dressé un tableau relativement sombre, citant le ralentissement de la croissance mondiale et des volumes du commerce international, ainsi que le conflit commercial entre la Chine et les États-Unis, le Brexit, l'instabilité au Proche-Orient et les problèmes structurels de nombreux pays. Elle estime cependant peu probable le danger d'une récession à l'échelle mondiale.

2e moteur conjoncturel

«Le risque de voir se réaliser les scénarios du pire (escalade dans le conflit commercial, Brexit dur) ont diminué, mais de nombreuses entreprises freinent leurs investissements à long terme», a précisé EconomieSuisse.

Les exportateurs suisses souffrent notamment des difficultés de l'Allemagne, leur principal débouché. La progression des ventes à l'étranger devraient ainsi ralentir à 3,2% cette année, après 4,5% en 2018, et encore décélérer à 1,9% en 2020.

Les sociétés tournées vers le marché extérieur ne devraient guère profiter d'une accalmie sur le front des changes, la paire de devises euro-franc devant tourner autour de 1,10 EUR/CHF en 2020, après 1,11 cette année.

La consommation privée, deuxième moteur conjoncturel helvétique après les exportations, devrait faire preuve de stabilité, se maintenant en 2019 et 2020 au rythme de croissance de 1,0% enregistré l'année dernière.

La prudence des entreprises dans cet environnement teinté d'incertitudes devrait se ressentir au niveau de l'emploi. Le taux de chômage, anticipé à 2,3% cette année, risque de monter à 2,5% l'exercice suivant, un pourcentage néanmoins inférieur aux 2,6% atteints en 2018.

Vu le manque de pression inflationniste - 0,5% attendu en 2019 et 0,3% en 2020 - et la politique monétaire très accommodante de la Banque centrale européenne (BCE), la Banque nationale suisse (BNS) ne devrait pas remonter ses taux, actuellement négatifs, avant deux ans.

(ats)

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