Sécurité: Écrans bannis des vols vers les USA
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SécuritéÉcrans bannis des vols vers les USA

Déjà imposée aux pays du Moyen-Orient, l'interdiction en cabine des appareils plus gros qu'un smartphone sur les vols pour les États-Unis pourrait s'appliquer à l'Europe.

par
Michel Pralong
L'interdiction en cabine concerne les appareils plus grands que 9 cm x 16 cm.

L'interdiction en cabine concerne les appareils plus grands que 9 cm x 16 cm.

Stocklib

Que va-t-on faire dans les vols à destination des États-Unis? Lire des journaux et des livres ou regarder le film proposé à bord, comme on le faisait avant l'apparition des ordinateurs portables? Ce retour en arrière pourrait devenir une réalité. L'administration américaine songe en effet à étendre aux vols venant d'Europe l'interdiction qu'elle a imposée au mois de mars à 10 pays d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient: les appareils électroniques plus grands qu'un smartphone ne pourront plus voyager qu'en soute.

Elle avait pris cette décision après avoir reçu des informations selon lesquelles des terroristes seraient prêts à fabriquer des bombes dissimulées dans ces appareils. La Grande-Bretagne avait également dans la foulée interdit ce matériel électronique en cabine sur certains vols à destination de son territoire.

Mercredi, un porte-parole du Département américain de la sécurité intérieure a laissé entendre que l'extension de cette interdiction pourrait être appliquée aux vols décollant d'Europe à destination des États-Unis. Il a précisé que la décision finale n'avait pas encore été prise, mais qu'elle pourrait l'être d'ici aux vacances d'été. Il a également déclaré que les compagnies aériennes concernées ont été averties d'une telle possibilité.

Swiss se prépare

Swiss, qui a des vols à destination des États-Unis depuis la Suisse, nous a répondu hier qu'elle n'avait pas connaissance de nouvelles instructions de la part des autorités américaines, «ni d'indications fiables d'une interdiction élargie des appareils électroniques à bord des avions». Mais que si la décision était prise, elle serait tenue de la respecter. La compagnie a même déjà élaboré à l'interne plusieurs scénarios en cas de durcissement de l'interdiction, mais refuse de nous en dire plus. Les compagnies aériennes ont raison de se préparer à cette éventualité, car la mesure est lourde de conséquence. Ainsi, celles qui sont déjà concernées par l'interdiction de mars ont vu leur fréquentation baisser. Selon le journal français Les Échos, Emirates aurait réduit de 20% ses vols à destination des États-Unis. Cela ne veut pas dire qu'il y a moins de monde qui se rend au pays de l'Oncle Sam (ou de Donald Trump), mais que les voyageurs qui y vont transitent par l'Europe. Ils ne sont ainsi pas privés d'ordinateur ou de tablette sur ces lignes. Du moins, pour l'instant.

Selon le site Internet américain Daily Beast, la décision d'étendre l'interdiction à l'Europe devrait être prise incessamment. Mais on ignore si elle sera aussi restrictive que celle déjà appliquée aux 10 pays, c'est-à-dire de n'autoriser en cabine que les appareils électroniques d'une taille maximale de 9 cm x 16 cm, soit la taille d'un iPhone 7S.

Des tablettes en prêt

L'obligation de mettre ses appareils électroniques en soute va forcer compagnies et aéroports à s'adapter, à l'image de ce qui a été fait dans les pays concernés par la mesure depuis mars. Ainsi, Emirates et Qatar Airways proposent désormais à leurs clients premium des tablettes et ordinateurs portables en prêt pour la durée du vol. D'autres compagnies autorisent leurs passagers à garder leurs appareils jusqu'au moment d'embarquer, puis les placent dans des boîtes sécurisées qu'elles mettent en soute. Car si le but est d'éviter la présence à bord d'une bombe, les batteries des appareils électroniques constituent elles aussi un danger. Plusieurs ont pris feu en cabine en 2016, incendies qui ont été maîtrisés. Les systèmes d'extinction automatiques en soute suffiront-ils en cas de pépin?

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