Elevage intensif: ça ferraille déjà dur en Valais

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Votations fédérales du 25 septembreÉlevage intensif: ça ferraille déjà dur en Valais

Le conseiller d’État Christophe Darbellay s’engage contre l’initiative qui veut supprimer l’élevage intensif. Mais tout le monde n’est pas d’accord avec son interprétation du texte.

par
Eric Felley
Des milieux antispécistes ont proposé récemment d’interdire les combats de reines en Valais.

Des milieux antispécistes ont proposé récemment d’interdire les combats de reines en Valais.

Getty Images/iStockphoto

Le 5 août, sur Facebook, un éleveur fribourgeois a publié son témoignage sur la façon dont il s’est occupé d’un veau né prématuré l’année dernière. Il l’a nourri au biberon et prodigué de multiples soins pour le sauver en y consacrant 120 heures durant son premier mois de vie: «Il refusait de boire plus de 2 décilitres! Du coup 8 repas par 24 h! Je n’ai jamais dû faire cela pour mon fils». Son histoire est touchante et, jusque-là, il n’y aurait pas grand-chose à dire.

«On aime nos animaux»

Mais l’éleveur se lance dans la polémique: «Certaines personnes pensent et même ont la conviction que l’élevage que nous pratiquons ne respecte pas le bien-être animal! Je suis fatigué de persuader les gens! Les agriculteurs de notre pays sont fatigués! Nous sommes bientôt plus que 2 pour-cent à vous nourrir! Nous sommes que des passionnés, on aime nos animaux!»

Poulets brésiliens et porcs hollandais

Le conseiller d’État valaisan Christophe Darbellay a partagé cette histoire: «Merci de lire le cri du cœur de cet agriculteur, écrit-il sur le réseau social. Je voterai également NON à l’initiative trompeuse sur l’élevage intensif. En Suisse les standards de protection animale sont plus élevés que dans la plupart des pays et c’est juste. Cette initiative extrémiste va booster les importations de poulet brésilien et de porcs hollandais. Elle affaiblirait inutilement la production indigène en favorisant l’importation».

Ces dernières affirmations ont fait réagir vivement la députée valaisanne écologiste Magali Di Marco: «Dommage de raconter n’importe quoi, cette initiative n’est pas extrémiste, elle vise avant tout à faire respecter la constitution (…) et, concernant les importations, tu avances des arguments mensongers puisque justement, le texte prévoit que la Suisse n’importe pas d’animaux et de produits d’origine animale, qui ont été produits avec des méthodes interdites en Suisse».

Une initiative antispéciste

Le conseiller d’État n’en démord pas: «Désolé mais ton affirmation est fausse, car cette initiative contrevient clairement aux engagements internationaux de la Suisse. Exemple: les poules en batterie sont interdites en Suisse depuis 1991, or nous importons des produits d’œufs en batterie ou des poulets. Cette initiative émane d’ailleurs à de milieux proches des antispécistes et ne serait qu’une étape. CQFD».

La démonstration peine à convaincre. Un autre intervenant revient à la charge: «Que vous soyez contre c’est évidemment votre droit, mais n’est-il pas le devoir d’un conseiller d’État d’éviter de fournir des informations mensongères? L’importation d’animaux produits avec des méthodes interdites en Suisse ne serait justement pas possible, type poulet brésilien».

Range Rover et «sandales de Jésus»

Bref, on sent que s’installe déjà un dialogue de sourds entre éleveurs valaisans et écologistes sur cet objet des votations fédérales du 25 septembre prochain. Le débat dérive en commentaires tranchés, dont celui-ci qui ne manque pas de références: «Ma femme a travaillé toute sa jeunesse la campagne avec ses parents. Elle pourrait expliquer pas mal de choses aux bobos écolos en Range Rover, sandales de Jésus et tupperware à petites graines sur la réalité de la profession».

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