29.10.2018 à 10:59

Conseil fédéralElisabeth Kopp veut des tickets 100% féminins

L'ex-conseillère fédérale souhaite que le PDC et le PLR ne présentent que des candidates à la succession de Johann Schneider-Ammann et Doris Leuthard.

par
Christine Talos

Le PLR et le PDC ne vont-ils présenter que des femmes pour les successions de Johann Schneider-Ammann et Doris Leuthard en décembre prochain? C'est en tout cas le vœu de la première conseillère fédérale de l'histoire de la Suisse, Elisabeth Kopp. La Zurichoise, aujourd'hui âgée de 81 ans, réclame en effet des tickets exclusivement féminins ce lundi dans les colonnes de l'Aargauer Zeitung.

«Pour les hommes, cela pourrait être frustrant», reconnaît-elle. «Mais les femmes ont connu cette frustration depuis assez longtemps», dit-elle. Cependant, ce n'est pas seulement une question d'égalité entre les sexes. «Il s'agit aussi du fait que les femmes établissent souvent des priorités différentes de celles des hommes en raison de leur expérience en tant que femmes, mères et professionnelles», souligne la Zurichoise.

Elle ajoute: «A l'époque, j'aurais été très heureuse de travailler avec une 2e femme au Conseil fédéral. Nous aurions pu discuter et soutenir des sujets spécifiques aux femmes.»

AVS et catalyseurs

Elle cite ainsi en exemple la révision de l'AVS. «Je voulais que les aides pour les proches aidants, particulièrement importantes pour les femmes, soient incluses dans le projet. Mais mes six collègues masculins ont refusé et je me suis mise en colère pour la première fois», se rappelle-t-elle. «Les aides ont finalement passé, mais cela a pris plus de temps parce que les hommes ne voulaient pas m'écouter.»

Elisabeth Kopp se souvient d'un autre exemple lorsqu'elle était conseillère nationale. «Notre fille avait de l'asthme. Et lors d'un voyage au Japon, j'ai remarqué que l'air y était bien meilleur, ceci en raison de l'introduction obligatoire de catalyseurs pour les voitures. De retour, j'avais rédigé une motion dans l'avion pour une telle obligation chez nous». Motion qui a été acceptée. «La Suisse est alors devenue le premier pays d'Europe à introduire une telle disposition», explique-t-elle. «Le lobby des voitures m'avait attaquée à l'époque, avançant qu'en tant que femme je n'y connaissais rien. Même au sein de mon parti, j'avais eu de la peine à convaincre.»

L'ancienne conseillère fédérale, élue en octobre 1984, explique pourquoi les femmes sont si sous-représentées en politique. «Quand une femme a une famille et qu'elle souhaite s'investir en dehors, elle a le choix entre le travail et la politique. Une profession est un moyen plus sûr, y compris financièrement. Et presque personne n'arrive à concilier les enfants, le travail et la politique».

«Les sondages montrent que les partis qui comptent une femme au Conseil fédéral jouissent d'une plus grande confiance parmi les électeurs.»

Interrogée sur le fait que son parti, le PLR, n'a plus présenté de femme au Conseil fédéral depuis son départ en octobre 1988, Elisabeth Kopp explique: «les bourgeois ont continué d'avoir une vision traditionnelle des rôles pendant un moment. Et les femmes bourgeoises, surtout si elles avaient des enfants, sont restées à la maison plutôt que de poursuivre une carrière», souligne-t-elle. Cependant, elle estime qu'il serait dans l'intérêt des partis de former des bonnes politiciennes. «Les sondages montrent que les partis qui comptent une femme au Conseil fédéral jouissent d'une plus grande confiance parmi les électeurs.»

Karin Keller-Sutter plébiscitée

L'Aargauer Zeitung lui demande en conclusion pour quelles candidates elle voterait le 5 décembre. Elisabeth Kopp mise sur l'ultra-favorite Karin Keller-Sutter pour succéder à Johann Schneider-Ammann. «Elle apportera son expérience de conseillère d'Etat et de présidente du Conseil des Etats», souligne-t-elle. Quant à la succession de Doris Leuthard, elle indique «n'avoir pas encore examiné de plus près» les candidates au PDC.

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