France: La réclusion à perpétuité requise contre l’assassin de Sophie Le Tan

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FranceLa réclusion à perpétuité requise contre l’assassin de Sophie Le Tan

Lundi, devant la Cour d’assises du Bas-Rhin, l’avocat général a réclamé la peine maximale à l’encontre de Jean-Marc R., qui a reconnu avoir tué et démembré la jeune étudiante.

La jeune femme de 20 ans avait répondu à une annonce pour un appartement, où l’attendait son bourreau.

La jeune femme de 20 ans avait répondu à une annonce pour un appartement, où l’attendait son bourreau.

AFP

La réclusion criminelle à perpétuité, assortie de 22 ans de sûreté: la peine maximale a été requise lundi, à l’encontre de Jean-Marc R., l’assassin présumé de Sophie Le Tan qui a reconnu avoir tué et démembré l’étudiante strasbourgeoise mais nie toute préméditation. L’accusé est jugé depuis une semaine pour l’assassinat de la jeune femme, dont le squelette incomplet avait été retrouvé dans une forêt en octobre 2019, plus d’un an après sa disparition.

«Sans surprise, je vous demanderai de répondre oui à la question de savoir s’il a volontairement donné la mort. Et à la question de la préméditation, je vous demanderai aussi de répondre oui», a lancé aux jurés de la Cour d’assises du Bas-Rhin l’avocat général, Laurent Guy. Celui-ci a requis «une peine extrêmement lourde».

Jean-Marc R. (au centre) aura une dernière fois la parole mardi, avant le verdict.

Jean-Marc R. (au centre) aura une dernière fois la parole mardi, avant le verdict.

AFP

L’étudiante strasbourgeoise a disparu le 7 septembre 2018, jour de ses 20 ans, après être allée visiter l’appartement de Jean-Marc R. à Schiltigheim, au nord de Strasbourg. Les preuves, notamment génétiques et téléphoniques, ont rapidement convergé vers l’accusé. Malgré son arrestation, une semaine après la disparition de Sophie Le Tan, Jean-Marc R., déjà condamné notamment pour viols, a mis plus de deux ans à reconnaître avoir tué la jeune femme. Il a fini par avouer lundi, au début de son procès.

Selon lui, il avait beaucoup bu la veille, l’a rencontrée en bas de chez lui, se rappelant alors avoir fixé un rendez-vous pour faire visiter son appartement. Alors que des voisins ont témoigné avoir vu Sophie arriver seule dans l’immeuble, lui affirme être monté avec elle jusqu’au 6e étage. Il lui prend la main, veut l’embrasser sur la joue. Elle le repousse, l’insulte, ce qui le plonge dans un «état de fureur» incontrôlable. Ses poings et ses pieds se déchaînent sur la jeune femme, elle chute lourdement et ne réagit plus.

Thi Huong, la maman de la victime, très éprouvée lors du procès.

Thi Huong, la maman de la victime, très éprouvée lors du procès.

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«Je l’ai démembrée avec une scie à métaux»

Puis «je l’ai déshabillée pour la démembrer» avec une scie à métaux, a-t-il expliqué vendredi. D’abord les jambes puis la tête pour que cela rentre dans les valises qu’il a chez lui. Seule une partie du squelette de Sophie Le Tan a été retrouvée, par hasard, dans une forêt des Vosges en octobre 2019. «Le fait d’avoir tué une jeune fille qui aurait pu être ma fille, d’avoir démembré son corps, cela me hante depuis ce jour-là et ça me hantera jusqu’à la fin de ma vie», a affirmé l’accusé vendredi. Des regrets, suivis d’une demande de pardon que la famille très éprouvée de Sophie rejettera, contestant sa sincérité.

«L’arrivée de Sophie Le Tan dans cet appartement ne doit rien au hasard (…) C’est bien dans un piège qu’elle est tombée», a insisté l’avocat général, évoquant «un rayon de soleil brisé net» par une «ombre noire, sombre, glaçante». Jean-Marc R. nie pourtant toujours avoir prémédité son acte et avoir tendu un piège à sa victime en diffusant une fausse annonce locative à laquelle elle avait répondu.

À l’appui de la thèse de la préméditation, les avocats des parties civiles avaient de nouveau tenté vendredi de faire ressurgir le spectre de Françoise Hohmann, jeune et jolie VRP disparue en 1987 après avoir sonné à la porte de Jean-Marc R. Il avait été acquitté en 2001 dans ce dossier. La mère de Françoise Hohmann est présente chaque jour au procès.

(AFP)

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