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FranceElle enlève son fils et le cache pendant six ans

Une Française a déscolarisé et «séquestré» son enfant pour que son père ne puisse pas le retrouver. Elle a été condamnée.

par
lematin.ch
En détention provisoire depuis juin, la mère de famille a été jugée cette semaine à Briey, en Meurthe-et-Moselle.

En détention provisoire depuis juin, la mère de famille a été jugée cette semaine à Briey, en Meurthe-et-Moselle.

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La justice française a jugé un cas de conflit familial hors norme et certainement douloureux pour tous ses protagonistes. Celui d’une mère qui a «enlevé» son propre enfant. Puis l’a caché durant six ans.

L’histoire commence au début des années 2000, révèle le «Républicain Lorrain». Une Française part alors en Australie pour ses études. Elle rencontre un Australien, tombe amoureuse et tous deux ont un enfant, un fils né en 2004.

Six ans sans nouvelles

Deux ans plus tard, le couple se sépare et la Française obtient la garde. Elle reste en Australie, où elle a refait sa vie et les années passent. Jusqu’en 2013. La mère de famille effectue un séjour en France avec son fils, qui a alors 9 ans. Et elle ne retourne jamais en Australie. Mère et fils se volatilisent.

À l’autre bout de la planète, le père australien se démène pour tenter de retrouver son fils. Courriers aux autorités australiennes et françaises, embauche de plusieurs détectives privés, deux mandats d’arrêt européens, un mandat d’arrêt international, égrène le quotidien français. En vain: il n’a pas une seule nouvelle de son fils durant six longues années.

Une maladie rare

Comment est-ce possible? La mère et son fils ont vécu un temps dans un village du nord de la France. Puis surtout à Reims, dans différents appartements. Pour ne pas être repérée, elle a déscolarisé son fils. «L’enfant ne va pas à l’école, sort très peu», écrit le «Républicain Lorrain».

Cette situation tient longtemps. Mais la Française est atteinte d’une «maladie génétique rare et clouée sur un fauteuil roulant». Elle a besoin de soins. En juin dernier, lors d’un rendez-vous à l’hôpital, elle est repérée et interpellée.

«Vous lui avez fait subir une cavale»

«Refusant de dire où se trouve son garçon, elle est placée en détention. Ce n’est qu’au bout de quelques jours, de peur que son enfant devenu adolescent ne meure de faim, qu’elle lâche une adresse. Il sera retrouvé dans un logement démeublé, avec un téléphone comme seul objet», est-il détaillé…

La Française était depuis en détention provisoire. Jusqu’à son procès, qui s’est tenu cette semaine à Briey, en Meurthe-et-Moselle. «Vous avez fait subir une cavale à votre fils», lui a lancé la présidente du tribunal, qui a même parlé d’une «séquestration».

Une peine sévère

«Je ne sais pas ce que je faisais, j’étais perturbée par la maladie», a tenté de se défendre la prévenue, expliquant qu’elle était retournée en France «car les médecins australiens n’arrivaient pas à déterminer le mal qui, progressivement, l’a privée de ses jambes.»

Le tribunal a finalement décidé d’infliger à l’accusée une peine sévère, au-delà des réquisitions: un an ferme pour «soustraction d’enfant». Une peine cependant aménagée: la Française a pu sortir de prison à l’issue de l’audience.

Son fils, lui, aujourd’hui 15 ans, vit désormais de nouveau en Australie, auprès de son père. «L’ado mène une scolarité normale mais doit encore travailler ses relations sociales», conclu le «Républicain Lorrain».

R.M.

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