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Hong KongElle est coupable d'avoir réduit en esclavage sa domestique

Une mère de famille hongkongaise a été reconnue coupable par un tribunal d'avoir violenté et réduit en esclavage sa jeune domestique indonésienne.

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Erwiana Sulistyaningsih (au milieu) quitte satisfaite le   tribunal à Hong. La juge Amanda Woodcock a retenu 18 des 20 chefs d'accusation pour lesquels comparaissait Law Wan-Tung, une mère de famille de 44 ans, dont coups et blessures aggravés et menaces contre son ancienne employée de maison de 23 ans. (Mardi 10 février 2015)

Erwiana Sulistyaningsih (au milieu) quitte satisfaite le tribunal à Hong. La juge Amanda Woodcock a retenu 18 des 20 chefs d'accusation pour lesquels comparaissait Law Wan-Tung, une mère de famille de 44 ans, dont coups et blessures aggravés et menaces contre son ancienne employée de maison de 23 ans. (Mardi 10 février 2015)

AFP
Erwiana Sulistyaningsih, vêtue d'un haut noir à sa propre effigie et arborant le mot «justice», a déclaré qu'elle était «très contente» de la décision, et a embrassé les manifestants venus la soutenir.  (Mardi 10 février 2015)

Erwiana Sulistyaningsih, vêtue d'un haut noir à sa propre effigie et arborant le mot «justice», a déclaré qu'elle était «très contente» de la décision, et a embrassé les manifestants venus la soutenir. (Mardi 10 février 2015)

AFP
Arrivée en mai 2013 à Hong Kong pour se mettre au service d'une famille locale, la jeune Indonésienne a enduré un calvaire particulièrement terrifiant mais les mauvais traitements subis par les domestiques ne sont pas rares dans l'ancienne colonie britannique. (Mardi 10 février 2015)

Arrivée en mai 2013 à Hong Kong pour se mettre au service d'une famille locale, la jeune Indonésienne a enduré un calvaire particulièrement terrifiant mais les mauvais traitements subis par les domestiques ne sont pas rares dans l'ancienne colonie britannique. (Mardi 10 février 2015)

AFP

Le calvaire de cette jeune domestique indonésienne avait suscité une vive émotion parmi les travailleurs migrants de l'ancienne colonie britannique.

La juge Amanda Woodcock a retenu 18 des 20 chefs d'accusation pour lesquels comparaissait Law Wan-Tung, une mère de famille de 44 ans, dont coups et blessures aggravés et menaces contre Erwiana Sulistyaningsih, son ancienne employée de maison de 23 ans.

En détention provisoire

Elle a été reconnue coupable mardi 10 février d'avoir violenté et réduit en esclavage sa jeune domestique . Tête basse, l'accusée, qui connaîtra sa peine le 27 février, a été placée en détention provisoire à l'issue de l'audience tenue en présence de nombreux journalistes et défenseurs des droits des travailleurs étrangers. Elle risque une peine allant jusqu'à la perpétuité.

Erwiana Sulistyaningsih, vêtue d'un haut noir à sa propre effigie et arborant le mot «justice», a confié à l'AFP qu'elle était «très contente» de la décision, et a embrassé les manifestants venus la soutenir.

Des témoignages contradictoires

«Je suis sûre qu'elle a dit la vérité», a expliqué la juge Woodcock qui a essentiellement fondé son jugement sur les témoignages contradictoires des deux femmes, affirmant que la domestique avait été «prisonnière» de son employeur.

Au cours du procès, Erwiana Sulistyaningsih a raconté avec force détails les «tortures» subies, expliquant qu'elle avait vécu pendant des mois avec du pain et du riz pour toute nourriture. Elle a affirmé qu'elle n'était autorisée à dormir que quatre heures par jour et qu'elle avait été battue si violemment par sa patronne qu'elle avait perdu connaissance.

Erwiana était parvenue à fuir en janvier 2014, après huit mois de violences. Hospitalisée dans un état grave à Sragen, sur l'île indonésienne de Java, elle en était sortie un mois plus tard.

Un tour diplomatique

L'affaire, au retentissement international, avait pris un tour diplomatique lorsque l'ancien président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono avait appelé lui-même la domestique en lui promettant que «justice sera(it) rendue».

Arrivée en mai 2013 à Hong Kong pour se mettre au service d'une famille locale, la jeune Indonésienne a enduré un calvaire particulièrement terrifiant mais les mauvais traitements subis par les domestiques ne sont pas rares dans l'ancienne colonie britannique.

Des femmes issues de régions pauvres

Ces femmes isolées venues des régions les plus pauvres d'Asie du Sud-Est témoignent fréquemment de sévices physiques ou psychologiques reçus de leurs employeurs hongkongais ou expatriés.

Hong Kong compte quelque 300'000 employées de maison, venues pour la plupart des Philippines ou d'Indonésie.

Elles sont mieux protégées que dans d'autres pays d'Asie du Sud, mais dépendent de leur employeur pour leur titre de séjour et ne disposent que de quelques jours de vacances par an pour un salaire mensuel de 400 euros environ.

(AFP)

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