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ArgentElle hérite de 1 million, il ne vaut plus rien!

Une Italienne risque de perdre un héritage de plus de 1 million d'euros. Le magot, en lires italiennes, est en effet inconvertible en raison d'une loi adoptée en 2011 par le gouvernement de Mario Monti.

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Ariel F. Dumont/Rome
Wikipédia

Le casse-tête juridique de Sara Ferrari, une quadragénaire originaire de Rovigo, dans le nord de l'Italie, et résidente à Bruxelles depuis plusieurs années à titre de fonctionnaire, a commencé à la fin de l'hiver dernier. Son oncle paternel de profession bijoutier avait abandonné la douceur de vivre en Italie pour s'installer à Berlin. Il y a quelques mois, l'homme qui n'était plus très jeune et n'avait ni femme ni enfants rejoint le royaume des cieux. Au début de l'été, Sara Ferrari profite d'un week-end pour aller nettoyer l'appartement du défunt ou plutôt les appartements car l'homme assez riche avait laissé à sa nièce un héritage immobilier relativement coquet.

Ça se passe bien en Allemagne

«J'étais en train de nettoyer l'une des maisons de mon oncle lorsque j'ai trouvé des documents concernant l'ouverture d'un coffre-fort auprès d'une succursale de la Deutsche Bank à Berlin», raconte-t-elle. C'était au début du mois de juillet et Sara Ferrari se rend immédiatement à la banque. «J'ai ouvert le coffre-fort et j'ai trouvé des bons du Trésor italien plus l'équivalant d'un million et des poussières d'euros mais en lires italiennes et grosso modo un million de marks allemands.» La femme obtient la conversion de son million de marks en une dizaine de jours à peine. Côté italien en revanche, la musique est différente. «Une loi adoptée le 6 décembre 2011 prévoit la prescription immédiate de lires encore en circulation. Conclusion: mon trésor est inutilisable», explique la jeune femme en colère.

La Cour de justice européenne

Mais Sara Ferrari refuse de jeter facilement l'éponge et commence par s'adresser à l'association nationale des consommateurs italiens, Federazione nazionale consummatori, pour entamer une procédure judiciaire contre le Ministère du trésor et la Banque centrale d'Italie. «C'est quand même hallucinant! En Allemagne, j'ai obtenu mes 730 000 euros en dix jours alors que chez moi, en Italie, on me dit que mon argent ne vaut plus un clou! Ah, elle est belle l'Union européenne! On nous parle d'unité et les lois sont différentes d'un pays à l'autre», se désole-t-elle, amère. Pour pouvoir utiliser son trésor, Sara Ferrari est prête à tout, même à saisir la Cour de justice européenne.

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