Actualisé 22.10.2019 à 06:49

FranceElle reçoit des amendes pour des fautes commises par la police

Les pandores utilisent depuis quatre ans une voiture saisie mais qui est restée au nom de son ex-propriétaire. Celle-ci voit les prunes s'accumuler .

par
lematin.ch
Suspectée d'avoir acquis son Audi A3 break avec de l'argent sale, sa propriétaire se l'était faite saisir en 2015. Photo d'illustration.

Suspectée d'avoir acquis son Audi A3 break avec de l'argent sale, sa propriétaire se l'était faite saisir en 2015. Photo d'illustration.

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Payer des amendes, cela n'a rien de drôle. Mais quand on ne les a pas commises et, pire encore, quand c'est la police qui est à l'origine des infractions, c'est vraiment dur à avaler. C'est pourtant ce qui arrive à une habitante des environs de Lille (F), comme le révèle «Le Parisien».

Quand cette femme a commencé à recevoir des amendes dans sa boîte aux lettres, elle ne s'en est pas trop préoccupée dans un premier temps, puisqu'elle savait qu'elle ne pouvait pas avoir commis ces infractions. Et pour cause, sa voiture est saisie depuis octobre 2015. Elle a donc pensé à une erreur. Sauf que les prunes ont continué à arriver. Elle les a alors contestées, mais sans succès. Et pourtant la police sait bien que ce n'est pas elle qui conduisait, puisque... c'est la police qui était au volant lors de ces excès de vitesse ou mauvais stationnements.

Plus de 6000 euros d'amendes

Cette femme s'est fait saisir son Audi A3 break dans une affaire de trafic de stupéfiants à Valenciennes. C'est son frère qui était principalement concerné, mais elle n'avait pu justifier la provenance de l'argent qui avait servi à acheter son véhicule. Elle a donc été mise en examen pour blanchiment d'argent et a perdu sa voiture.

Après avoir passé un certain temps dans un garage, le véhicule a ensuite été réattribué à la sous-di­rec­tion de la lutte contre la cri­mi­na­lité or­ga­ni­sée, puis à la PJ de Ver­saille. Or, dans un cas comme dans l'autre, l'ancienne carte grise aurait dû être annulée, ce qui n'a pas été fait. Et visiblement, les policiers ne respectent pas trop le code de la route puisque l'ex-propriétaire du véhicule a reçu plus de 60 amendes, pour un montant dépassant les 6000 euros (6600 francs).

Avec son avocate, la femme ne cesse de contester ces amendes, mais en vain. On leur répond soit qu'on va s'en occuper, soit qu'on n'est pas compétent pour les annuler. Au printemps 2018, lorsque la justice lui inflige une peine avec sursis dans l'affaire du blanchiment d'argent, l'accusée demande à ce que son véhicule soit définitivement confisqué, afin que cesse cette histoire ubuesque. C'est chose faite, mais les amendes ont continué à tomber, jusqu'à il y a quelques semaines.

Saisie sur son compte

Et l'histoire est loin d'être réglée car on réclame toujours à cette femme le montant des amendes et des rappels. On lui a même retiré tous ses points du permis de conduire et demandé deux fois de le rendre pour ne pas avoir honoré ces impayés, ce qu'elle a refusé de faire, tout comme elle refuse de verser le moindre euro, n'ayant pas commis ces infractions. Mais son obstination ne sert à rien: le Trésor public a ordonné il y a quelques jours une saisie de 2000 euros sur son compte. Son avocate ne sait plus quoi faire, disant que tous les recours possibles avaient été tenté, sans succès.

Michel Pralong

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