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DéfiElle vise l'Olympe des balèzes

La Vaudoise Céline Richard va tout tenter pour devenir pro du bodybuilding sans dopage, en 2015. Portrait d’une acharnée de la fonte.

par
Raphaël Pomey

Très musclée, elle l’est, assurément. Mais ce n’est pas non plus le croisement d’un bœuf aux hormones et d’une armoire normande qui saute aux yeux de celui qui rencontre Céline Richard pour la première fois, au New Athletic Fitness de Cossonay (VD). C’est que malgré sa passion pour la musculation, cette résidente de La Sarraz, à quelques minutes de la salle de gym, a fait un choix qui la distingue des colosses que l’on voit souvent déambuler lors des shows de bodybuilding: rester, comme on dit dans le milieu, «naturelle», non dopée. Une décision qui ne l’empêche pas de participer parfois à des compétitions sans contrôle, comme le mois prochain en France, à Colmar: «La plupart du temps, je ne monte pas sur le podium lors de ces événements, mais je veux montrer que je peux battre des athlètes qui n’ont pas fait le même choix que moi.»

A l’aise avec le regard des gens

«Naturelle», Céline n’en cultive pas moins un physique hors du commun. Quel est le regard de la société sur son «œuvre»? «Parfois les gens détestent, me disent qu’une femme n’a pas à être comme ça. Mais je reçois plus souvent des compliments. Certains hommes me disent aussi qu’ils n’aimeraient pas que leur femme soit ça, mais qu’ils admirent le travail.» C’est surtout en été, alors que l’habillement se fait plus léger, que les biceps de Céline attirent les regards. «Les gens pensent ce qu’ils veulent, moi je ne fais de mal à personne. Je ne jugerai jamais une personne en surpoids.»

Pour se bâtir son physique tout en muscles, cette agente de détention à la prison de la Croisée, à Orbe, s’entraîne entre 10 et 20 heures chaque semaine. Un programme qui s’accompagne d’une diète impitoyable pour obtenir la «sèche» nécessaire pour briller sur scène. Une vie de sacrifices, auxquels s’ajoutent des frais importants pour aller concourir aux quatre coins du monde. Pour l’année 2015, Céline dépensera 9000 fr. pour sa passion, qui l’emmènera à Dubaï ou à Las Vegas. Une somme pas évidente à sortir pour elle qui travaille désormais à 60% afin de poursuivre son rêve: devenir «pro» à la fin de l’année. Une promotion qui, à défaut de la rendre riche, pourrait au moins lui permettre de diminuer ses frais. Surtout si elle permet d’attirer l’œil de sponsors…

Dans l’attente d’une opulence bien hypothétique dans un sport comme le sien (voir encadré), la sportive de 36 ans peut au moins se targuer d’inspirer les clients du fitness où elle s’entraîne: «On voit souvent des jeunes tenter d’imiter ce qu’elle fait, en se disant qu’ils doivent en être capables puisqu’une fille y arrive, sourit Joël Bornand, copropriétaire. On doit souvent corriger leurs mouvements derrière, mais ça les motive.» Les femmes aussi ne restent pas insensibles à la vue des efforts de Céline: «Certaines disent que ça leur fait peur, qu’elles ne veulent pas devenir comme ça. On les rassure tout de suite en leur disant que ça ne pousse pas tout seul.» L’occasion de les encourager à ajouter deux kilos sur leur barre, elles qui resteront de toute façon bien loin des tonnes que soulève la reine vaudoise du «body» naturel.

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