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HooliganismeElles cachent des fumigènes dans leur partie intime

Des femmes n'hésitent pas à planquer pétards ou fumigènes dans leur intimité pour déjouer les contrôles des stades. Zurich et Genève sont concernés.

par
Victor Fingal
Les fouilles corporelles (ici à l’entrée du Parc Saint­-Jacques, à Bâle) sont insuffisantes pour détecter les fumigènes cachés dans le sexe.

Les fouilles corporelles (ici à l’entrée du Parc Saint­-Jacques, à Bâle) sont insuffisantes pour détecter les fumigènes cachés dans le sexe.

Keystone

Elles sont prêtes à tout pour perturber un match de foot. Des femmes hooligans vont jusqu’à planquer des pétards ou des fumigènes de taille réduite dans leur vagin. «Nous avons découvert plusieurs fois des préservatifs qui ont contenu des petits fumigènes dans les toilettes des femmes, la dernière fois dans le courant de la dernière saison», reconnaît Christian Python, responsable de la sécurité du Stade de Genève.

L’aventure n’est pas sans danger. Au cours d’un match disputé par le FC Zurich au Letzigrund l’an passé, une jeune femme a dû être sortie du stade par les services de sécurité et conduite d’urgence à l’hôpital, révèle SonntagsBlick. Quel ne fut pas l’étonnement des médecins quand ils ont sorti un engin pyrotechnique de ses parties intimes!

A Zurich comme à Genève, des préservatifs utilisés par des «mules» hooligans sont régulièrement découverts dans les toilettes des stades. «Le mode de transport est similaire à celui de la drogue, explique André Duvillard, commandant de la police neuchâteloise.

Pour contrecarrer ce phénomène, il faudrait pouvoir pratiquer des examens corporels et avoir recours à un scanner, comme dans les aéroports.»

Le hic, c’est qu’inspecter les parties intimes nécessite l’autorisation d’un juge et ne peut être pratiqué que par les services de police. «Or, rappelle André Duvillard, la sécurité des stades est du ressort des clubs qui font appel à des sociétés privées de sécurité.» Un vrai casse-tête pour Christian Python: «Nous sommes entre le marteau et l’enclume. D’un côté, on nous reproche de ne pas assurer suffisamment la sécurité des stades, de l’autre, nous n’avons que le droit de faire appel à des palpeurs et des palpeuses. C’est insuffisant.»

D’après André Duvillard, les lacunes en matière de sécurité dans les stades doivent être jaugées dans le cadre du renforcement du concordat intercantonal visant les hooligans. En Suisse alémanique, des propositions ont déjà été lancées. Beat Villiger, conseiller d’Etat zougois (PDC) en charge de la sécurité, aimerait ainsi introduire les examens corporels ciblés à l’entrée des stades «par exemple chez des personnes qui ont déjà fait l’objet d’une interdiction de stade ou qui sont connues pour leur comportement à risque».

Au total, 1188 hooligans sont répertoriés dans la banque de données de l’Office fédéral de police. La majorité des fauteurs de troubles sont âgés de 19 à 24 ans. Jusqu’à présent, seules neuf femmes ont été épinglées.

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