Actualisé 04.09.2019 à 04:44

MaltraitanceElles cherchent la petite bête à la foire au bétail

Deux protectrices des animaux dénoncent les conditions de détention des bêtes mises en vente une fois l'an à Reconvilier (BE).

par
Vincent Donzé
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Tomi Tomek et Aurore Lecerf ont inspecté lundi la foire de Chaindon (BE).

Tomi Tomek et Aurore Lecerf ont inspecté lundi la foire de Chaindon (BE).

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Elles ont vu un lapin peureux sans rien à manger.

Elles ont vu un lapin peureux sans rien à manger.

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Ici, des canetons à portée de main des visiteurs.

Ici, des canetons à portée de main des visiteurs.

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Parties de leur refuge de Noiraigue (NE), elles s'attendaient à trouver des chats et des chiens à vendre lundi dernier à la foire agricole de Chaindon, à Reconvilier (BE). À leur arrivée, à 10 heures, Tomi Tomek et Aurore Lecerf n'ont trouvé ni Médor, ni Minette. Mais en jetant un coup d'oeil dans les cages des petits animaux, la colère les a envahies.

«On a vu et filmé un lapin brun agonisant, sans eau. A notre deuxième passage, il avait disparu», accuse Tomi Tomek. Au constat chez les lapins: «Certains tremblaient de peur», rapporte l'animatrice de SOS Chats.

Comme des objets

Pour Tomi Tomek et Aurore Lecerf, les animaux en vente étaient traités comme des objets. «On a vu une marchande poser un lapin apeuré sur les genoux d'une fillette pour inciter sa mère à l'acheter», rapportent-elles.

«Il y avait des mains baladeuses dans les enclos, mais aussi des flashs», dénoncent les deux pasionarias, sachant que pour les lapins comme pour les poussins, la loi sur les marchés interdit d'installer des enclos accessibles au public.

La surveillance de la foire de Chaindon incombe à l'Office vétérinaire cantonal bernois, mais Tomi Tomek juge les contrôles nettement insuffisants, dans une manifestation inscrite au patrimoine immatériel: «Regardez ces lamas: la loi impose une promenade quotidienne!», remarque-t-elle.

Pas de haut-le-coeur

Lors de son passage lundi matin dans la principale foire agricole romande, «Le Matin» n'a pas éprouvé de haut-le-coeur. Mais Tomi Tomek et Aurore Lecerf portent un regard plus aiguisé.

Les deux animatrices de SOS Chats connaissent aussi la loi stipulant que théoriquement, «le déroulement de la manifestation permet des périodes de repos et de récupération pour les animaux», notamment avec des cachettes.

Et ce n'est pas tout, dans la loi, «Les animaux dépassés par la situation sont hébergés et pris en charge de manière appropriée», est-il écrit. Un article sujet à interprétation, au contraire de celui-ci: «Seuls des animaux sains participent à la manifestation». Problème: Aurore Lecerf sait qu'un lapin acheté lundi a éternué toute la nuit suivante.

Contrôles officiels

Dans un marché ouvert, l'organisateur s'en remet aux contrôles officiels. C'est aussi auprès de Service vétérinaire bernois que SOS Chats adressera ses doléances. Après une première visite jugée «catastrophique», Tomi Tomek ne lâchera pas son os.

«Je mobiliserai d'autres associations de défense des animaux pour revenir en force l'année prochaine», prévient Tomi Tomek. Les exposants n'ont qu'à bien se tenir...

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