Affaire Buttet: Elles veulent travailler en paix
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Affaire ButtetElles veulent travailler en paix

Les femmes du Parlement ne demandent pas de faveur, mais simplement du respect pour leur travail et pour les causes qu’elles défendent.

par
Eric Felley
Ces conseillères nationales se sont réunies hier pour défendre la place des femmes au Parlement.

Ces conseillères nationales se sont réunies hier pour défendre la place des femmes au Parlement.

Laurent Crottet

Elles sont 64 au Conseil national et sept au Conseil des États, ce qui fait 32% pour la première Chambre et 15% dans la seconde. Au Conseil national, elles n’ont jamais été aussi nombreuses depuis l’introduction du vote féminin en 1971. Pourtant, une grande partie d’entre elles continuent d’éprouver une forme d’iniquité par rapport à leur représentativité de la société helvétique composée en fait de 50,5% de femmes.

Un «traitement équitable»

L’affaire Buttet a créé une vive réaction chez certaines conseillères nationales qui subissent cette supériorité masculine dans le travail du Parlement. Selon une expression d’Isabelle Moret (PLR/VD), le Parlement, c’est un peu «l’ambiance caserne». Kathrin Bertschy (Vert’libéraux/BE), coprésidente de l’Alliance F, l’association faîtière des organisations féminines en Suisse, est aujourd’hui favorable à des quotas pour lutter contre ce climat: «Il y a dix ans, j’étais contre cette idée, mais quand je vois les progrès effectués depuis, j’ai changé d’avis. Si l’on crée un nouveau canton, il a droit à tant de sièges. Avec le vote des femmes, c’est la moitié de la population qui est concernée et on n’a rien fait. Il aurait fallu doubler les sièges ou diviser le Conseil national en deux pour le répartir entre les sexes.»

La sous-représentativité des femmes n’est pas sans conséquences sur la priorité des sujets. Elles doivent se battre pour que les thèmes qui les concernent plus directement ne soient pas mis sous le tapis: «Les causes sensibles pour les femmes doivent faire l’objet d’un traitement équitable, insiste Kathrin Bertschy. L’égalité salariale, les quotas dans les conseils d’administration ou les violences domestiques doivent être pris davantage au sérieux. Je rappelle que toutes les deux semaines une femme meurt en Suisse à cause de violence domestique et que les journaux n’en font pas une ligne…» Cela dit, les parlementaires n’ont pas envie de donner une image de faiblesse. «On est ici chez nous, autant que les hommes, souligne Adèle Thorens (Les Verts/VD). Nous sommes là pour nous engager et pour travailler dans de bonnes conditions.» Pour Valérie Piller Carrard (PS/FR), «c’est une question de respect et de culture à l’intérieur du Parlement et aussi à l’extérieur».

L’ultime respect serait que le Parlement représente enfin le juste poids de la population féminine helvétique, tous partis confondus.

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