Portrait: Elodie Schenk excelle en cuisine

Publié

PortraitElodie Schenk excelle en cuisine

Plusieurs fois récompensée, la jeune cheffe du restaurant morgien L'Envie est la première femme à entrer à la délégation suisse de l'Académie culinaire de France.

par
Anne-Charlotte Müller
«Dans ce milieu masculin, j'ai gagné le respect des autres par la qualité de mon travail», confie la jeune Vaudoise, cheffe du Restaurant L'Envie, à Morges.

«Dans ce milieu masculin, j'ai gagné le respect des autres par la qualité de mon travail», confie la jeune Vaudoise, cheffe du Restaurant L'Envie, à Morges.

Elodie Schenk a troqué la toque de cheffe contre deux tresses africaines bien serrées sur la tête. Depuis qu'elle s'est associée avec Célia Russo, sommelière et tenancière du Restaurant L'Envie, ouvert en décembre à Morges, elle s'autorise à porter une tenue un brin plus décontractée que celles des établissements étoilés pour lesquels elle a officié. «La toque de cheffe n'est pas pratique, avec mes 1,80 m, je ne passerais pas les portes», sourit-elle, radieuse. La Vaudoise de 29 ans dit vivre la plus belle année de sa vie et se réjouit d'entrer dans la trentaine. «Je me sens à ma place. Je sais désormais ce que je veux et ce que je ne veux pas.»

Il y a de quoi être confiante dans l'avenir. Après avoir gagné de nombreux concours, Elodie Schenk vient de faire son entrée à l'Académie culinaire de France, une institution qui réunit les meilleurs cordons bleus de 27 nations du monde. La cerise sur le gâteau? Elle est la première femme de la délégation suisse, mais aussi la plus jeune à franchir ce cap. «Je me suis décomposée d'émotion quand j'ai vu quels étaient les chefs qui faisaient partie de cette académie. Il y en a beaucoup à qui j'ai toujours voulu ressembler.»

Parcours impressionnant

Elodie Schenk s'est passionnée très tôt pour la cuisine. Titulaire d'un CFC de cuisine et d'un CFC de pâtisserie, elle a fait ses armes, entre autres, chez Jean-Michel Colin, au Soleil, à Bursins, et Edgard Bovier, au Lausanne Palace. Elle a été reconnue meilleure apprentie cuisinière du canton de Vaud, puis de Suisse en 2009, et 3e au niveau européen en 2010. Elle s'est distinguée lors de plusieurs concours culinaires, dont le Bocuse d'Or en 2014, où elle a obtenu la 2e place de la sélection suisse. Pour arriver à tirer son épingle du jeu dans un monde d'hommes, Elodie Schenk a mis les bouchées doubles. «Je me suis imposée par mon travail. Si j'ai gagné le respect de mes chefs et des employés c'est parce que j'ai tout misé sur la qualité», note-t-elle.

Pour Elodie, une bonne cuisine est une cuisine sincère. «Avec des produits frais, locaux, dont on connaît la provenance et surtout des prix en adéquation avec les produits.» Pour rendre les prix accessibles tout en faisant des plats gastronomiques à L'Envie, Elodie Schenk a enlevé les produits chers et apprête avec soin les produits du quotidien. «Mes parents et mes amis peuvent enfin venir goûter mes plats. Beaucoup de mes amis n'ont jamais eu cette opportunité car ils n'avaient pas les moyens de se payer un menu au Lausanne-Palace», sourit-elle.

Ton opinion