Afghanistan – Employées d’ONG menacées de mort si elles ne portent pas la burqa
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AfghanistanEmployées d’ONG menacées de mort si elles ne portent pas la burqa

Les talibans obligent des Afghanes œuvrant dans la province de Badghis à venir travailler en étant voilées et accompagnées d’un homme. Faute de quoi, elles seront abattues.

De retour au pouvoir, les talibans ont progressivement exclu les femmes de la vie publique.

De retour au pouvoir, les talibans ont progressivement exclu les femmes de la vie publique.

AFP

La police religieuse des talibans a menacé de tirer sur des femmes travaillant pour des ONG dans une province du nord-ouest de l’Afghanistan si elles ne portaient pas la burqa, a-t-on appris vendredi, auprès d’employés de ces organisations. Des représentants du ministère de la Promotion de la vertu et de la prévention du vice dans la province de Badghis ont rencontré, dimanche, des organisations humanitaires, ont indiqué à l’AFP, deux membres locaux d’ONG internationales.

«Ils nous ont dit (…) que si notre personnel féminin venait au bureau sans porter la burqa, ils les abattraient», a déclaré une de ces sources, réclamant l’anonymat par mesure de sécurité. Les talibans ont aussi demandé que ces femmes soient accompagnées d’un chaperon mâle, a-t-elle ajouté. La seconde source humanitaire a confirmé ces informations. «Ils ont aussi dit qu’ils se rendraient dans chaque bureau sans prévenir pour s’assurer que les règles sont respectées», a-t-elle expliqué.

Une notification écrite, dont l’AFP s’est procuré une copie, a été envoyée aux ONG travaillant dans la province. Elle ne contient pas de menaces de mort, mais demande aux femmes de se voiler.

Les fondamentalistes islamistes, qui avaient largement piétiné les droits humains lors de leur premier passage au pouvoir, ont repris la direction du pays à la mi-août, après 20 années d’une insurrection armée. Si les talibans, qui cherchent à être reconnus par la communauté internationale, assurent s’être modernisés, ils ont progressivement exclu les femmes de la vie publique, suscitant l’inquiétude de la communauté internationale.

Les femmes restent ainsi largement exclues des emplois publics, ne sont pas autorisées à faire de longs trajets sans être accompagnées par un homme de leur famille, et les écoles secondaires pour filles restent pour la plupart fermées. Les talibans ont veillé à ne pas imposer d’édits trop stricts à l’échelon national. Mais plusieurs mesures visant à imposer leur vision rigoriste de l’islam l’ont été, dans certaines provinces.

(AFP)

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