08.08.2018 à 10:47

InnovationEn Angleterre, on scanne les sans-abri

À Oxford, un projet pilote propose des codes QR aux SDF. Les passants peuvent les scanner puis leur faire un versement électronique. Génial ou horrible?

par
Renaud Michiels
Le QR code du sans-abri Terry est scanné pour un reportage de la BBC.

Le QR code du sans-abri Terry est scanné pour un reportage de la BBC.

BBC/DR

Dans la vidéo proposée par la BBC, on voit le SDF Terry, assis par terre sur un trottoir d’Oxford, en Angleterre. Autour du cou il porte un code QR, ces codes-barres carrés en noir en blanc. Une personne arrive, tend son smartphone et scanne le code du sans-abri. Il peut ensuite lui faire un versement électronique.

Terry est réellement à la rue. Quant à celui qui scanne, il s’agit du jeune Anglais Alex McCallion, qui a créé ce système nommé «Greater Change», actuellement testé à Oxford.

Son invention, dit-il, répond à un premier problème: l’argent liquide disparaît peu à peu et beaucoup n’ont plus une seule pièce en poche. Mais Greater Change se veut bien plus ambitieux. Via une application dédiée, on en apprend beaucoup sur le sans-abri qu’on vient de «scanner».

De l'argent récolté dans un but précis

On a en effet d’abord accès à une présentation de la personne, son passé, son parcours, etc. Terry, par exemple, a travaillé dans la construction. «Je veux vraiment retrouver une vie stable et dans mon propre logement», assure-t-il.

Mais l’application donne surtout accès aux objectifs du SDF. L’un voudra récolter telle somme pour un dépôt de garantie de loyer, un autre pour une formation professionnelle, un dernier pour pouvoir refaire des papiers d’identité. L’utilisateur est donc censé savoir précisément à qui il donne et pourquoi. Il est précisé qu’un travailleur social accompagne les sans-abri et s’assurent qu’ils utilisent l’argent versé comme ils l’ont promis.

L'application donne accès au descriptif du SDF et à ses objectifs.

L'application donne accès au descriptif du SDF et à ses objectifs.

La BBC a récolté quelques réactions. Certains semblent conquis, voyant dans ce projet une manière moderne de verser de l’argent couplée à un vrai projet de resocialisation. D’autres sont mal à l’aise. Car le système est intrusif et comprend un volet de surveillance. Et surtout car il peut être perçu comme humiliant: le SDF portant un code comme une vulgaire marchandise de supermarché…

Alors? L’avenir dira si ce projet de «sans-abri 2.0» en a un, d’avenir.

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