19.09.2020 à 08:37

Etats-UnisEn Californie, des camionnettes wifi pour les enfants défavorisés

L’entreprise FK Transportation spécialisée dans les trajets scolaires à Santa Ana a développé un projet permettant aux enfants de familles avec peu de moyens un accès facilité au wifi.

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«Les routeurs wifi sont en 5G, c’est très rapide. Et nous avons ces antennes sur les véhicules pour atteindre la plupart des maisons et appartements», lance fièrement Kevin Watson. (image d’illustration)

«Les routeurs wifi sont en 5G, c’est très rapide. Et nous avons ces antennes sur les véhicules pour atteindre la plupart des maisons et appartements», lance fièrement Kevin Watson. (image d’illustration)

Keystone

Une camionnette, un petit routeur fixé sur le tableau de bord et une antenne satellite sur le toit: il n’en faut pas plus pour relier à internet 200 enfants défavorisés de Santa Ana, près de Los Angeles, et leur permettre de suivre les cours toujours donnés à distance à cause de pandémie.

Lorsque l’année scolaire «a débuté le mois dernier, certains parents ont connu des difficultés. Beaucoup de nos élèves n’ont pas accès au wifi, c’est dur pour eux de suivre les leçons derrière leur ordinateur», résume Roman Reyna, qui supervise le projet pilote «Wifi on wheels» lancé par JFK Transportation, une entreprise de transport spécialisée dans les trajets scolaires à Santa Ana.

Pour remédier au problème, le président de la société, Kevin Watson, a eu l’idée d’équiper quelques-unes de ses camionnettes avec des relais internet et de les positionner en des points stratégiques de la ville, à portée d’élèves technologiquement pénalisés recensés par le district scolaire.

Une camionnette pour 200 enfants

«On gare le fourgon et on reste là pendant huit heures pour faire en sorte que les élèves soient connectés dans la journée. Le signal Wifi a un rayon d’environ 350 mètres», explique Kevin Watson. La connexion est sécurisée par un mot de passe et seuls les enfants bénéficiaires peuvent y avoir accès, relève-t-il.

«Les routeurs wifi sont en 5G, c’est très rapide. Et nous avons ces antennes sur les véhicules pour atteindre la plupart des maisons et appartements», lance fièrement cet Afro-Américain, qui a grandi et étudié dans ces quartiers de Santa Ana où vivent de nombreuses familles issues de l’immigration, souvent avec peu de moyens.

Chaque camionnette peut relier environ 200 enfants, et sept d’entre elles sont déjà déployées dans le cadre du projet, pour l’instant mis en oeuvre bénévolement. Des discussions financières sont en cours avec le district scolaire pour le développer et Kevin espère à terme avoir une flotte de cinquante véhicules Wifi.

Fracture numérique importante

La Californie, cinquième économie mondiale, a beau abriter la Silicon Valley et les sièges des plus grands groupes technologiques, la fracture numérique y est une réalité quotidienne pour des milliers de familles: un récent rapport estime que 25% des enfants scolarisés dans cet État, soit plus d’1,5 million d’élèves au total, ne disposent pas d’une connexion internet adaptée.

Le phénomène existe dans tous les Etats américains, souvent en raison d’un manque de moyens (l’abonnement à internet aux Etats-Unis coûte en moyenne 60 dollars par mois) et parfois aussi faute d’infrastructures, surtout dans les zones isolées.

Dans le Mississippi (sud), plus rural et bien plus pauvre que la Californie, la moitié des élèves sont des handicapés du wifi, souligne l’étude publiée cet été par l’ONG américaine Common Sense Media et le Boston Consulting Group. Selon ces experts, il faudrait investir 6 à 11 milliards de dollars par an pour éradiquer cette «fracture numérique» dans tous les États-Unis, soit 1% à 2% du budget de la Défense.

Pour des devoirs «à jour»

À Santa Ana, «nous estimons qu’environ 10’000 élèves n’ont pas accès au wifi», déclare Vincent Sarmiento, conseiller municipal. L’élu se félicite que l’initiative de Kevin Watson «apporte le Wifi dans des quartiers où vous avez cinq à dix enfants par bâtiment, qui jusqu’à présent peinaient à se connecter à internet. Soit ils n’avaient pas d’accès, soit c’était vraiment lent».

«J’avais des problèmes de Wifi, ça ne marchait pas bien. Alors parfois, je devais aller chez un ami, où on me laissait travailler», confirme Angel, adolescent de 13 ans, qui devait en outre partager sa connexion avec sa soeur de 17 ans.

Grâce au véhicule «Wifi on wheels» stationné à une trentaine de mètres de son petit logement, le lycéen est désormais beaucoup plus serein et surtout «à jour de (ses) devoirs». Angel a malgré tout «hâte de retourner à l’école, où ce sera plus facile pour moi d’étudier, et plus facile pour les professeurs aussi».

(ATS/NXP)

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