17.05.2018 à 17:31

FootballEn colère pour des salaires impayés

Des joueurs du FC La Chaux-de-Fonds ont fait la grève des entraînements en raison de problèmes financiers. Cette crise symbolise la fragilité de la Promotion League.

par
Frederic Nejad Toulami
Depuis quelques jours, des pensionnaires du stade de la Charrière refusent de se rendre à l’entraînement.

Depuis quelques jours, des pensionnaires du stade de la Charrière refusent de se rendre à l’entraînement.

F.Roth/@FCChauxdeFonds

Des footballeurs qui boycottent l’entraînement pour dénoncer le non-versement de leurs salaires: ce type de situation inédite s’est déjà produit à l’étranger, mais bien plus rarement en Suisse. Le FC Bienne a connu cela en 2016, avant d’être mis en faillite. Ainsi que le Stade Nyonnais en 2015. Et la menace avait plané à Xamax, en 2011.

«Nous rencontrons des problèmes à La Chaux-de-Fonds pour verser les salaires du mois d’avril aux joueurs, en effet, mais c’est dû au fait que j’ai voulu vérifier la teneur de chaque contrat pour savoir ce que nous devions vraiment payer, sans tenir compte de promesses qui auraient été faites en plus par l’ancienne présidence», explique le nouveau vice-président du FCC, Christophe Maraux. Il conteste aussi l’existence d’une grève de certains footballeurs de la première équipe de La Tchaux qui semble affecter les séances d’entraînements depuis quelques jours, selon notamment la presse locale.

Action de mauvaise humeur de joueurs qui n’est pas formellement démentie par l’entraîneur du FCC, Christophe Caschili, mais celui-ci refuse de commenter cela. Quant à Chritophe Maraux, qui admet des frustrations et de vives discussions avec l’équipe en raison de la situation financière, il déclare qu’il faut «repartir d’un bon pied», tout en respectant les statuts du club. «L’objectif principal a été réalisé: ne pas être relégué cette saison!» clame-t-il, tout en précisant que la nouvelle présidence du club, qu’il forme depuis mars dernier avec François Meuris, s’attelle à boucler le prochain budget.

Transferts de joueurs interdits

Cette situation financière fragile n’étonne guère Timothée Guillemin. Journaliste à l’agence SportCenter, collaborateur du «Matin» et fin connaisseur du foot romand, il constate que la Promotion League, sorte de 3e ligue, tampon entre les professionnels de la Challenge League et les amateurs, ne draine pas de spectateurs dans les stades. Et ne bénéficie pas de la manne financière des droits télévisés.

«En plus, les transferts lucratifs de joueurs y sont interdits, car réservés uniquement aux ligues professionnelles, précise Timothée Guillemin. Les sportifs acceptent de jouer en Promotion League s’ils y gagnent un salaire correct ou s’ils trouvent un travail rémunéré dans la région.» Or les salaires mensuels dans cette ligue varient entre 500 fr. pour les jeunes et 3000 fr. pour les plus expérimentés. «Dans certains de ces clubs, soit le président joue au mécène, soit lui ou le coach parvient à faire engager des joueurs dans des entreprises, comme au Stade Nyonnais ou au FC Vallorbe-Ballaigues», souligne Guillemin. Mais tant l’ex-président du FCC que l’actuelle équipe dirigeante du club de La Chaux-de-Fonds ont refusé ce type de situation.

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