Actualisé 02.04.2020 à 04:51

FranceEn congé, une infirmière va aider les hôpitaux débordés: virée

Après avoir vu son service fermer, une infirmière de Brest (F) s'est portée volontaire dans les hôpitaux parisiens malgré ses congés forcés. Sa direction n'a pas apprécié et n'a pas renouvelé son contrat.

par
LeMatin.ch
La direction du CHRU de Brest n'a pas apprécié l'initiative de l'une de ses infirmières.

La direction du CHRU de Brest n'a pas apprécié l'initiative de l'une de ses infirmières.

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À la mi-mars, l'hôpital universitaire de Brest (F) a fermé certains de ses services pour se préparer à l'épidémie de coronavirus. Selon «Ouest-France» plusieurs employés desdits services se donc sont retrouvés en congés forcés, faute d'activité. Parmi eux, une infirmière de 25 ans, travaillant dans l'établissement depuis juillet 2019.

Le 20 mars dernier, cette dernière n'a pas hésité longtemps pour répondre à l'appel d'urgence de l'assistance publique-hôpitaux de Paris, qui cherchait du renfort pour lutter contre le coronavirus. Deux jours plus tard, après avoir organisé la garde de sa fille de 18 mois, la jeune femme se rendait dans la capitale pour prêter main forte. «J’ai enquillé six nuits exténuantes en une semaine!», raconte-t-elle au journal français.

«J'expose ma famille à des risques!»

Malheureusement, son dévouement finira par se retourner contre elle puisque le 26 mars, l'infirmière reçoit un email de sa direction lui indiquant que son contrat à durée déterminée ne sera pas renouvelé. Ce mercredi, après un bref retour à Brest d'une journée pour rendre visite à sa fille, elle donc est repartie pour aider à Paris, sachant que le chômage l'attend dès le 5 avril.

«Le CHRU s’était engagé à renouveler mon contrat», s'indigne-t-elle. «Je me fais virer parce que je suis partie prêter main-forte alors que j’aurai dû rester confinée, à Brest, à une heure et demie de mon hôpital.» Et d'ajouter: «À Paris, je suis seule, et confinée. Je m’expose et j’expose ma famille à des risques, mais je me sens utile!»

Contactée par «Ouest-France», la direction de l'hôpital brestois n'a pas donné suite aux sollicitations du journal. Comble de l'histoire, l'établissement aurait depuis lancé un appel aux volontaires pour aller aider les hôpitaux en région parisienne. «C’est ce que j’ai fait mais on me le reproche [...] C'est odieux!», fustige l'infirmière lésée.

J.Z

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