Royaume-Uni: En Ecosse, Rishi Sunak et Liz Truss écartent l’idée d’indépendance

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Royaume-UniEn Écosse, Rishi Sunak et Liz Truss écartent l’idée d’indépendance

En déplacement en Écosse mardi, les deux candidats à la succession de Boris Johnson ont écarté l’idée d’un nouveau référendum d’indépendance.

Liz Truss et Rishi Sunak, au premier plan, lors d’un débat télévisé, le 25 juillet 2022.

Liz Truss et Rishi Sunak, au premier plan, lors d’un débat télévisé, le 25 juillet 2022.

AFP

Les deux candidats à la tête du Parti conservateur et du gouvernement britannique, en campagne mardi en Écosse, y ont encore rejeté l’idée d’un nouveau référendum d’indépendance.

«Si je suis élue Première ministre, je ne permettrai pas un nouveau référendum», a promis la ministre sortante des Affaires étrangères, Liz Truss. Avant elle, son rival, l’ex-ministre des Finances Rishi Sunak, a affirmé ne pas pouvoir «imaginer les circonstances dans lesquelles» il accepterait la tenue d’une nouvelle consultation s’il accédait à Downing Street.

Lui et Liz Truss intervenaient en soirée lors d’une réunion dans la ville de Perth, face à des militants conservateurs. «Je me concentre sur la défense de l’union» entre l’Écosse et le reste du Royaume-Uni, a insisté Rishi Sunak, s’en prenant aussi aux «échecs» du Parti national écossais (SNP) de la Première ministre locale Nicola Sturgeon.

Autres dossiers prioritaires

Malgré le refus répété du gouvernement britannique, la dirigeante écossaise entend organiser un nouveau référendum sur l’indépendance de l’Écosse le 19 octobre 2023, neuf ans après la consultation qui s’était traduite par un vote à 55% en faveur du maintien au sein du Royaume-Uni. Selon Liz Truss, «au moment du référendum de 2014, le SNP était d’accord pour dire qu’il s’agissait d’un référendum comme on en organise un par génération (…) Nicola Sturgeon devrait tenir sa promesse.»

«Nous ne sommes pas seulement des voisins, nous sommes une famille. Je ne permettrai pas que notre famille soit séparée», avait lancé plus tôt celle qui semble bien placée pour succéder à Boris Johnson. Comme Liz Truss, Rishi Sunak a jugé que d’autres dossiers étaient prioritaires, au moment où les Britanniques subissent la pire inflation depuis quarante ans.

Malgré le précédent de 2014, Nicola Sturgeon estime que le Brexit a changé la donne, alors que 62% des Écossais souhaitaient rester dans l’Union européenne lors du vote de 2016. L’objectif du SNP est que l’Écosse rejoigne l’UE en tant qu’État indépendant.

Liz Truss favorite

Anticipant un bras de fer judiciaire avec le gouvernement central, la dirigeante indépendantiste a pris les devants et saisi la Cour suprême pour que celle-ci détermine si le Parlement écossais a le pouvoir de légiférer pour organiser ce référendum sans l’accord du gouvernement britannique. L’audience est prévue les 11 et 12 octobre.

Liz Truss et Rishi Sunak font campagne pour les suffrages des militants conservateurs – quelque 200’000 –, qui ont jusqu’au 2 septembre pour choisir leur nouveau chef lors d’un vote par correspondance. Le parti étant majoritaire au Parlement, le vainqueur deviendra Premier ministre, succédant à Boris Johnson, qui a démissionné début juillet après de multiples scandales.

Liz Truss figure largement en tête des sondages. L’annonce du résultat est attendue le 5 septembre. Mardi soir également, Liz Truss a affirmé que Rishi Sunak, fils d’immigrés indiens, aurait toute sa place dans son gouvernement si elle remportait la consultation interne.

«Nous sommes tous conservateurs, nous voulons tous battre Nicola Sturgeon, nous voulons tous battre (le chef du Parti travailliste) Keir Starmer (…) Je voudrais nommer un gouvernement réunissant les meilleurs talents du Parti conservateur, dont Rishi Sunak, si je gagne cette élection», a-t-elle assuré.

Liz Truss affirme que les Britanniques devraient «bosser plus»

Liz Truss s’en prend à la culture du travail de ses compatriotes, qui devraient «bosser plus», dans une conversation ayant fuité mardi. «Il y a un problème fondamental dans le rapport au travail» au Royaume-Uni, affirme Liz Truss, ministre des Affaires étrangères du gouvernement sortant, dans cet enregistrement publié par le quotidien «The Guardian» sur son site internet.

Faisant allusion notamment au vote du Brexit en 2016, Liz Truss remarque que «nous disons que c’est l’Europe qui provoque ces gros problèmes, que ce sont les immigrés (…) mais ce qu’il faut faire, c’est bosser plus. Ce n’est pas un message populaire», l’entend-on encore dire. Pour elle, la productivité moindre des Britanniques résulte «en partie d’un état d’esprit et d’une attitude. C’est une question de culture du travail, en fait. En Chine, c’est très différent, je peux vous l’assurer.»

(AFP)

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