16.10.2020 à 23:14

Présidentielle américaineEn Floride, Trump prédit «une vague» républicaine

Donald Trump continue sa campagne dans les États-clés alors que les sondages le donnent perdant face à Joe Biden.

Donald Trump était vendredi en campagne en Floride, État qu’il avait remporté de justesse en 2016.

Donald Trump était vendredi en campagne en Floride, État qu’il avait remporté de justesse en 2016.

KEYSTONE/AP/Phelan M. Ebenhack

Les sondages sont mauvais, son propre camp doute: en difficulté, Donald Trump a sillonné vendredi la Floride, un État qu’il peut difficilement se permettre de perdre s’il veut l’emporter face à Joe Biden le 3 novembre. Rien n’est joué, bien sûr. Il reste 18 jours de campagne.

«Nous allons assister à une vague rouge (la couleur des républicains, ndlr) d’une amplitude jamais vue», a lancé, depuis Ocala, le président américain qui compte sur une intense campagne de terrain pour, comme en 2016, faire mentir les sondages.

Optant pour un registre de plus en plus agressif – «Joe Biden est un désastre (…) Joe Biden est un politicien corrompu» – le locataire de la Maison-Blanche jette toutes ses forces dans la bataille pour éviter que le «Sunshine State», qu’il avait emporté de justesse en 2016, ne bascule du côté démocrate. «Le jour de l’élection (…) nous allons infliger à Sleepy Joe une défaite retentissante», a-t-il tonné devant une foule enthousiaste.

Doutes des républicains

Le président américain, 74 ans, devait s’exprimer dans la soirée depuis Macon, en Géorgie, État où il avait largement devancé Hillary Clinton il y a quatre ans mais où il est derrière Joe Biden, 77 ans, dans les derniers sondages.

Les mauvaises nouvelles s’accumulent et la fébrilité est chaque jour un peu plus palpable dans le camp républicain qui semble ne plus prêter attention aux tweets présidentiels. Plusieurs ténors du «GOP» (Grand Old Party, le parti républicain) s’inquiètent désormais ouvertement d’un raz-de-marée démocrate.

Après les doutes exprimés à haute voix par les sénateurs Ted Cruz et Lindsey Graham, c’est Ben Sasse, élu du Nebraska, qui a fait part de ses vives inquiétudes. Donald Trump est un dirigeant «médiocre», a-t-il affirmé, jugeant sa défaite probable, dans un enregistrement révélé par les médias. «Il se moque des évangéliques dans leur dos, sa famille a profité de la présidence comme une opportunité commerciale, il a flirté avec les suprémacistes blancs», a-t-il affirmé. Ben Sasse, un conservateur religieux, a également critiqué la gestion de la pandémie de coronavirus que le président a selon lui «refusé pendant des mois de prendre au sérieux».

«Stupéfiant»

Dans le Michigan, Joe Biden a jugé vendredi «stupéfiant» le «refus» de Donald Trump de condamner les suprémacistes blancs. L’ancien vice-président américain s’exprimait aux côtés de la gouverneure du Michigan, Gretchen Whitmer, une farouche opposante de Donald Trump récemment visée par un complot d’hommes d’extrême droite qui voulaient l’enlever et la «juger» pour «trahison».

«Ne vous y trompez pas, ce sont des terroristes de l’intérieur», a lancé Joe Biden, 77 ans, à Southfield, devant une vingtaine d’invités et des journalistes. «C’est le genre de comportement qu’on pourrait attendre (du groupe) État islamique», a-t-il ajouté. «Cela devrait choquer les consciences de tous les Américains, de tous les Américains, et le refus de condamner ces types est stupéfiant», a-t-il tonné.

L’ancien vice-président démocrate mène de près de dix points de pourcentage dans la moyenne nationale des enquêtes d’opinion pour la présidentielle du 3 novembre. Mais surtout, bien qu’avec une marge plus étroite, dans les États-clés qui font les élections aux États-Unis en basculant d’un parti à l’autre.

(ATS/NXP)

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