Rugby: «En France aussi, on est souvent l’équipe à battre»
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Rugby«En France aussi, on est souvent l’équipe à battre»

Directeur sportif du Servette RC, Alain Studer est fier de cette 7e promotion d'affilée en France, mais conscient que cela va devenir très compliqué d'aller plus haut.

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Sport-Center
Les Servettiens ne cessent de gravir les échelons: les voilà en quatrième division française!

Les Servettiens ne cessent de gravir les échelons: les voilà en quatrième division française!

Pierre Albouy/archives

Sept promotions en six ans, qui dit mieux? L’échelle est haute, mais le Servette Rugby club ne cesse de gravir les échelons, un à un depuis la création de son club en 2014. Les Genevois, partis tout en bas des catégories régionales en France, se trouvent déjà en quatrième division nationale.

Le Covid-19 ayant renvoyé tout le monde aux vestiaires, les «Grenat» ont été officiellement promus sur tapis vert en Fédérale 2, ce mardi, suite à l’annulation des compétitions. Comme les joueurs de la Praille étaient en tête de la poule 3 du classement après 17 journées de championnat, avec cinq points d’avance sur Saint-Savin, la fédération française a décidé de les intégrer en D4.

Servette rejoint donc dans cette antichambre du monde professionnel, des clubs de belle renommée comme US Annecy et Nantua. Vice-président et directeur sportif du Servette RC, Alain Studer ne cache pas sa satisfaction et sa fierté après un tel parcours.

Il n’y a donc pas que des mauvaises nouvelles avec ce coronavirus. Voilà encore les Servettiens promus, cette fois-ci en Fédérale 2...

C’est bien oui, mais c’est le résultat d’un travail d’équipe, de tout un club, avec à sa tête le président Marc Bouchet. Je vous avouerai que c’est une sacrée masse d'efforts que nous avons tous accomplis pour terminer parmi les douze premiers des 168 clubs français qui participaient à ce championnat de D3. C’est pour cela que nous avons pu accéder, sur le tapis vert, à la promotion à la catégorie supérieure.

On imagine que cela est compliqué pour vous de construire une équipe pour un niveau plus élevé alors que tout le monde est à l’arrêt?

Disons que ces dernières années, on a fait en sorte de pouvoir s’organiser pour être déjà prêt pour la saison prochaine. Cela fait depuis décembre et janvier qu’on y pense à cette nouvelle ascension et qu’on a déjà pas mal avancé.

Le quatrième niveau français va-t-il vous obliger à vous renforcer ou, vu votre contingent de qualité, cela n’est pas nécessaire?

Quelques renforts de l’extérieur vont évidemment nous rejoindre mais il s’agira surtout de permettre à 17 de nos jeunes de l’académie d’intégrer la première équipe. C'est notre vœu le plus cher. Par conséquent, notre recrutement sera assez ciblé pour leur laisser un peu de place avec les seniors.

Où vous situez-vous par rapport au niveau de la Fédérale 2: avez-vous déjà eu l’occasion d’affronter ce genre d’équipes?

Non, pas encore. Mais pour nous, dans cette ligue, il est clair que cette fois-ci, nous allons viser le maintien l’an prochain. On pourra se situer par rapport à ce niveau de jeu au fil des matches.

C’était relativement «facile» jusqu’à maintenant. Vos joueurs vont devoir apprendre à perdre. Cela ne vous fait-il pas peur?

Non car nous avons déjà perdu quelques matches cette saison. Il est clair que cela fait déjà un an ou deux ans que c’est de plus en plus compliqué et qu'on doit s’attendre à davantage d’opposition encore. On va s’y préparer.

En France, quel est le regard des clubs que vous battez: y a-t-il de la jalousie devant le succès de ces petits Suisses?

Je ne pense pas qu’il s’agisse de la jalousie, mais c’est comme pour le foot et le hockey. Quand une formation affronte le Servette de Genève, on est souvent l’équipe à battre. En France aussi, en plus on représente la Suisse.

Et dans notre pays, comment est perçu le fait que vous jouiez en France?

Je dirais qu’au début de notre projet, il y avait eu un peu de réticences. Mais maintenant, ce n’est plus trop le cas. On travaille d'ailleurs en étroite collaboration avec les clubs genevois et l’association cantonale. Cela se passe bien avec Avusy, Hermance et le CERN.

A votre avis, après sept promotions d’affilée, jusqu’où peut aller le Servette RC en France?

Notre prochain objectif est d’atteindre la Fédérale 1, soit le dernier niveau amateur en France. Mais notre but principal est surtout de devenir la meilleure équipe dans la région avec un très haut pourcentage de joueurs formés dans notre club. Ce serait magnifique.

Quand est prévue la reprise du championnat en Fédérale 2?

Là, on a arrêté abruptement la saison sur une promotion et on reprendra en principe dans notre nouvelle catégorie en septembre. L’idée, si le coronavirus nous lâche, est de retrouver l’entraînement dans la dernière semaine de juillet, ce qui nous laisse un peu de battements.

En attendant, vos joueurs se préparent dans leur cave ou dans leur jardin?

C’est à peu près ça, c’est un peu compliqué...

Christian Maillard

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