Actualisé 06.02.2020 à 17:03

DévianceEn France, la lutte contre la zoophilie veut s'intensifier

Phénomène tabou, mais encore bien réel au 21e siècle, la zoophilie inquiète en France, où un député voudrait renforcer la lutte et durcir les sanctions.

par
lematin.ch
L'amour des bêtes peut parfois prendre une tournure particulièrement choquante. La zoophilie concerne la plupart du temps les animaux domestiques.

L'amour des bêtes peut parfois prendre une tournure particulièrement choquante. La zoophilie concerne la plupart du temps les animaux domestiques.

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En France le député de la majorité, Dimitri Houbron, 28 ans, sollicité par l'association Animal Cross entend porter le sujet de la zoophilie devant l'Assemblée nationale dans le cadre d'une proposition de loi. L'association de protection des animaux a mené une étude qui pour le moins alarmante sur ces pratiques en France.

1,5 million de pages vues

«Cette étude, explique le député cité mercredi par «Le Parisien», révèle que la zoophilie n'est pas un problème isolé. Il suffit de voir le nombre de pages vues chaque mois en France sur des sites Internet zoophiles pour s'en convaincre, environ 1,5 million. Internet permet la mise en relation de zoophiles isolés et le passage à l'acte. Il faut donc s'attaquer à tous les hébergeurs de ces sites spécialisés, y compris les sites libertins qui diffusent ce genre d'annonces. C'est de cette manière que l'on pourra démanteler les réseaux de zoophiles.»

Petites annonces spécialisées

«Le Parisien» évoque dans ses colonnes l'enquête menée par une femme proche des animaux, qui a été choquée après avoir vu une vidéo où «un jeune chien, sur le dos, était forcé de copuler avec une femme assise sur lui. Je n'ai pas pu aller jusqu'au bout…» C'était en 2013 et depuis, elle a traqué les zoophiles sur Internet en faisant passer des petites annonces sur des sites spécialisés. Elle a pu constater l'ampleur de ces réseaux «zoo», sur Facebook notamment.

Du libertinage au sadisme

La jeune femme découvre aussi que la zoophilie est multiple: «Certains font ça pour s'amuser dans un contexte de libertinage ou juste pour essayer, explique-t-elle. D'autres, à l'inverse, sont des zoophiles exclusifs et ne montrent aucun intérêt pour les humains. Il existe aussi des sadomasos désireux de se faire humilier ou encore des prostitué(e) s qui se livrent en public à des spectacles zoophiles pour de l'argent. Enfin, la dernière catégorie, ce sont les sadiques qui infligent des blessures parfois mortelles aux animaux.»

Doubler les sanctions

Toues ses observations et son dossier ont fini par parvenir à l'association Animal Cross, qui a contacté le député Dimitri Houbron afin d'agir au plan national. Actuellement le fait, d'exercer des sévices graves, ou de nature sexuelle envers les animaux est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende. Le député demande à ce que ces sanctions soient doublées et que l'Etat mène une politique répressive et préventive plus active.

Jusqu'à 3 ans de prison en Suisse.

En Suisse les actes de zoophilies sont passibles d'une peine de prison allant jusqu'à 3 ans. Les articles 135 et 197 du Code pénal interdisent la diffusion et la possession de pornographie ou de scènes de violence impliquant des animaux. «Mais souvent les tribunaux prononcent uniquement des peines symboliques, qui ne blessent pas réellement les auteurs et qui ne sont pas proportionnelles aux souffrances endurées par les animaux», expliquait récemment dans «20 Minutes», Gieri Bolliger, avocat et directeur de la fondation alémanique Tier im Recht (TIR). Il ajoute «que selon des estimations, environ 5% de la population suisse a déjà eu des rapports avec des animaux et que des milliers de cas de zoophilie se produiraient chaque année dans notre pays.»

La pointe de l'iceberg devant les tribunaux

Les médias helvétiques ne relatent que la pointe de l'iceberg de ces comportements lors de procès. L'année dernière, le Tribunal de Weinfelden a condamné un agriculteur de 30 ans qui s'en était pris depuis 2011 à des femelles, brebis, chèvres et vaches. Il a écopé d'une peine d'emprisonnement avec sursis de dix mois et à une amende d'environ 4000 francs. A fin 2019, une des fondatrices d'un refuge pour animaux à Monthey a été condamnée avec son compagnon par la justice valaisanne. Cette mère de famille de 37 ans a été filmée plusieurs fois par lui alors qu’elle entretenait des rapports sexuels complets avec des chiens. Tous deux ont écopé de 80 jours-amende avec sursis et de 500 francs d’amende.

Eric Felley

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