19.12.2012 à 15:24

ItalieEn grève de la faim, Marco Pannella accepte de se faire soigner

Politicien atypique né d’un père italien et d'une mère suisse, il a accepté mercredi une thérapie intraveineuse suite à un malaise. Il en est à son 8e jour de grève de la faim pour protester contre les conditions d’incarcération dans les prisons.

Marco Pannella dénonce une nouvelle fois "le comportement criminel de l’Etat italien".

Marco Pannella dénonce une nouvelle fois "le comportement criminel de l’Etat italien".

Keystone

Agé de 82 ans, Marco Pannella, dirigeant historique du Parti radical, est un habitué des grèves de la faim, un mode de protestation non-violente inspiré de l’exemple de Gandhi qu’il a adopté pour défendre ses chevaux de bataille.

De son vrai nom Giacinto Pannella, il est né à Teramo (Abruzzes le 2 mai 1930), d'un père italien Leonardo Pannella et d'une mère suisse, Andrée Estachon.

Avortement, divorce, drogues douces

Docteur en droit, il s’est ainsi illustré au cours de sa carrière politique dans la lutte en faveur du divorce, de l’avortement et de la légalisation des drogues douces. Aujourd’hui, il s’attaque aux conditions d’incarcération dans les prisons italiennes.

Après huit jours de grève de la faim et de la soif, il a accepté de recevoir une thérapie intraveineuse dans la clinique romaine où il est en observation, a-t-il déclaré sur les ondes de Radio Radicale, tout en dénonçant une nouvelle fois "le comportement criminel de l’Etat italien".

"Nous avons commencé une thérapie intraveineuse avec une solution d’eau et de sucre", a indiqué pour sa part son médecin, Claudio Santini.

Mario Monti à son chevet

Marco Pannella a reçu mardi la visite du chef de gouvernement Mario Monti, qui l’a exhorté à suspendre son mouvement et s’est entretenu avec lui de divers sujets comme la justice et la situation des prisons, aussi bien en Italie qu’en Europe.

Lundi, M. Pannella a annoncé son intention de constituer une liste "Amnistie, justice, liberté" aux prochaines législatives, prévues en février, afin de "défendre tous ceux qui sont en prison".

Elu pour la première fois à la chambre des députés en 1976 (il sera réélu en 1979, 1983 et 1987), il a également été député européen.

Prisons surpeuplées

Les prisons italiennes sont notoirement surpeuplées. Selon l’organisation syndicale autonome de la police pénitentiaire, Osapp, elles comptent quelque 66'400 détenus, soit une surpopulation de plus de 20’000 personnes par rapport aux capacités d’accueil réglementaires.

En 2011, il y a eu 63 suicides de détenus et 1’003 tentatives dans les prisons italiennes, selon le rapport annuel de l’institut de statistiques Istat publié mardi.

Le président Giorgio Napolitano a qualifié cette situation de "réalité honteuse" et appelé à l’adoption rapide par le Sénat d’une loi du gouvernement de Mario Monti prévoyant l’application de peines de substitution.

Ce texte surnommé "vide-prisons" risque d’être reporté sine die, en raison de la crise politique qui a conduit le chef du gouvernement à annoncer qu’il démissionnerait aussitôt le budget adopté, c’est-à-dire à la fin de cette semaine.

(AFP)

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