03.04.2017 à 16:01

NeuchâtelEn mal de mobilisation, l'UDC a le blues

L'UDC neuchâteloise, grande perdante des élections cantonales de dimanche, a particulièrement souffert dans l'élection au Grand Conseil.

L'UDC du canton de Neuchâtel n'a pas su mobiliser sa base lors des toutes dernières élections. (Image du 4 mars 2017)

L'UDC du canton de Neuchâtel n'a pas su mobiliser sa base lors des toutes dernières élections. (Image du 4 mars 2017)

Keystone

L'Union démocratique du centre n'en menait pas large ce dimanche soir. Le parti de droite est le grand perdant des élections cantonales neuchâteloises de dimanche. Il a particulièrement souffert dans l'élection au Grand Conseil. Contrairement aux autres sections romandes, elle n'a pas pu mobiliser sa base. Quant au Conseil d'Etat: difficile d'y entrer sans une alliance.

L'UDC prend une claque en chutant de 20 à 9 sièges au parlement cantonal. La droite n'a conservé la majorité que de justesse (58 fauteuils contre 57 pour la gauche), grâce à la nette progression des libéraux-radicaux.

Neuchâtel est «un contre-exemple frappant par rapport à l'ensemble de la Suisse romande, où l'UDC a souvent réussi à avancer dans des législatifs cantonaux ou communaux» ces dernières années, commente pour l'ats le politologue Oscar Mazzoleni, de l'Université de Lausanne. C'est un symptôme de la difficulté de l'UDC neuchâteloise à mobiliser ses supporters, pour soutenir pas seulement des personnes, mais aussi ses listes.

Pour une élection au Grand Conseil, à la proportionnelle, il faut de l'énergie pour rassembler les fidèles du parti. En mars dernier, l'UDC valaisanne a réussi, et a pu gagner ainsi deux sièges supplémentaires.

Isolement

Quant à l'exécutif: «Quand il n'y a pas de coalition ou d'alliance électorale, c'est difficile pour l'UDC de passer la rampe dans un Conseil d'Etat en Suisse romande», dit Oscar Mazzoleni. Pour une élection majoritaire, elle a besoin de beaucoup de voix provenant de l'extérieur du parti en plus de ses propres suffrages. L'UDC gagne lorsqu'elle a une alliance plus ou moins ouverte et réussie avec des partis de droite ou de centre-droit. Or, tant en Valais que dans le canton de Neuchâtel, «il y a eu un fossé, une compétition ouverte».

Le futur ex-ministre valaisan Oscar Freysinger a polarisé, il n'a pas pu rassembler des voix hors de son parti. De son côté, l'UDC neuchâteloise avait un autre handicap en plus d'être seule: elle manque de candidatures assez solides pour l'exécutif cantonal.

Division

Les UDC Jean-Charles Legrix, Xavier Challandes et Stephan Moser ont fini 9e, 10e et 11e. Ils étaient loin derrière le quintette PS-PLR actuellement au pouvoir, mais aussi à des milliers de voix derrière le candidat des Verts, de la candidate PLR ainsi que du candidat POP.

Le président de l'UDC suisse, Albert Rösti, ne voit pas dans l'échec neuchâtelois un signal négatif pour le reste de la Suisse romande. Il met cette débâcle sur le compte de querelles internes au sein de la section cantonale, a-t-il expliqué au Blick. Et Oscar Mazzoleni de se demander si l'UDC neuchâteloise a suffisamment de ressources militantes pour soutenir ses dossiers actuels, dont son initiative cantonale «Les nôtres avant les autres». De plus, ce sera un défi que de parvenir à être d'attaque pour les prochaines élections nationales dans deux ans et demi.

Cohabitation

Pour la suite de ces élections cantonales, il reste à savoir si un 2e tour aura lieu le 23 avril, ce qui paraît peu probable. L'UDC et le POP ont déjà annoncé qu'ils renoncent. Le PLR et les Verts devraient se prononcer encore ce lundi. Le délai est mardi midi. Au final, le canton de Neuchâtel devrait poursuivre la cohabitation entre un gouvernement majoritairement à gauche et un législatif à majorité de droite. Les Vert'libéraux (4 sièges) et le PDC (2) garderont un rôle d'arbitre au sein de ce dernier. Il faudra trouver des majorités plus larges que les deux grands blocs politiques car certains votes requièrent une majorité qualifiée de 69 députés.

(ats)

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