11.02.2015 à 08:03

EtudeEn Suisse, 150 suicides par an sont dus au chômage

Près de 150 personnes mettent fin à leurs jours à cause du chômage chaque année en Suisse.

Le numéro 143 est celui de la «Main tendue», une structure recommandée par les auteurs de cette étude pour éviter les suicides.

Le numéro 143 est celui de la «Main tendue», une structure recommandée par les auteurs de cette étude pour éviter les suicides.

Keystone

Le chômage serait à l'origine de quelque 45'000 suicides chaque année dans 63 pays, dont les économies occidentales, selon une étude réalisée par des chercheurs suisses et publiée ce mercredi dans la revue The Lancet Psychiatry. Ce groupe de chercheurs de l'Université de Zurich souligne la nécessité de mettre en place des stratégies spécifiques de prévention chez les chômeurs à toutes les époques, au lieu de se focaliser simplement sur les effets négatifs des crises économiques.

Cette équipe a passé en revue et analysé des données de mortalité et de suicides entre 2000 et 2011 dans 63 pays à travers le monde, dont toutes les économies développées occidentales. Ne figurent pas dans ce décompte des pays très peuplés comme la Chine et l'Inde.

Cette période a été marquée par une relative prospérité, puis une forte instabilité économique avec la crise financière et bancaire de 2008.

45'000 suicides de chômeurs

Sur toute la période, 233'000 suicides ont été enregistrés chaque année en moyenne dans les pays de référence, dont un cinquième -soit 45'000- peuvent être attribués au chômage.

La crise de 2008 a eu un impact direct sur le nombre des suicides: environ 5000 décès volontaires peuvent lui être attribués.

Les chercheurs suisses notent que les hommes et les femmes de tous âges semblent être pareillement vulnérables face aux effets de la montée du chômage.

Un suicide sur 5 en Suisse

Un suicide sur sept est ainsi expliqué, une proportion plus basse que dans de nombreux autres pays, démontre l'étude de l'Université de Zurich portant sur 63 Etats.

Dans ces derniers en moyenne, un suicide sur cinq peut être mis en relation directement ou indirectement avec l'absence d'emploi. Le taux d'occupation élevé affiché par la Suisse n'est toutefois pas déterminant pour expliquer que moins de suicides y soient liés au chômage, écrit hier mardi l'alma mater zurichoise.

Prévention suisse louée

La Suisse peut justement se vanter d'avoir agi en la matière: le nombre de suicides baisse depuis des années. Les mesures de prévention ont apparemment atteint leur but, estime le directeur de l'étude et psychiatre Wolfram Kawohl.

Conduite par des chercheurs de la clinique psychiatrique universitaire de Zurich, la recherche met également en évidence le fait que l'augmentation du taux de suicide précède de six mois la hausse du chômage. «Les développements du marché du travail sont anticipés et l'insécurité ressentie suffit à entraîner des conséquences négatives», poursuit M. Kawohl.

Former les RH

Sans même être soi-même victime du chômage, une pression grandissante, engendrée par exemple par des restructurations, suffirait à favoriser les suicides. «Le personnel des ressources humaines devrait bénéficier d'une formation afin de mieux identifier les signes avant-coureurs et d'assister les personnes potentiellement menacées», souhaite le psychiatre.

Un responsable du personnel pourrait ainsi proposer de l'aide à un collaborateur qu'il doit licencier, et qui présente un risque. Il pourrait par exemple l'orienter vers des structures comme la «Main tendue» ou des offres psychiatriques.

(ats)

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