Vaccination - Le Conseil fédéral peut-il agir comme Emmanuel Macron?
Publié

CommentaireLa Suisse peut-elle échapper à une vaccination obligatoire?

Pas de vaccin = plus de boulot, plus de resto… En proposant des mesures drastiques pour enrayer une nouvelle vague, le président français crée un électrochoc. En Suisse, le Conseil fédéral va devoir réagir.

par
Eric Felley
La décision du président Emmanuel Macron et de son Gouvernement de forcer les gens à se faire vacciner a provoqué une hausse soudaine des inscriptions à la vaccination.

La décision du président Emmanuel Macron et de son Gouvernement de forcer les gens à se faire vacciner a provoqué une hausse soudaine des inscriptions à la vaccination.

DR

Pas de vaccin = plus de travail, plus de salaire. L’équation est aussi simple que brutale chez nos voisins Français, afin d’obliger le personnel soignant à se faire vacciner. La seconde équation est tout aussi abrupte: pas de pass sanitaire = plus de restaurants, de cafés, de cinémas et d’accès aux centres commerciaux. Les vacances auront été de courte durée pour la population française. La progression du variant Delta impose de prendre des mesures qui remettent durement en cause le principe de liberté prôné jusqu’ici.

À la suite d’une campagne de vaccination qui n’atteint pas ses objectifs, ce sont les non-vaccinés qui sont la cible de ces mesures. En Suisse aussi, la question monte en puissance, avec l’augmentation des cas due au nouveau variant et une proportion insuffisante de la population vaccinée. Dans son blog hébergé par le journal «Le Temps», le vice-président du PLR, Philippe Nantermod, estimait il y a dix jours que les non-vaccinés auront des morts sur la conscience en cas de nouvelles vagues. Mais il ne contestait pas le principe que la vaccination ne soit pas obligatoire, pas même pour le personnel soignant.

Une brèche dans la vaccination facultative

La décision d’Emmanuel Macron ouvre une brèche dans la certitude helvétique de la vaccination facultative. Sa position va légitimer en Suisse le même discours dans les semaines à venir. Le président français va même jusqu’à évoquer une vaccination obligatoire généralisée… Mais la Suisse n’est pas la France. Le Conseil fédéral ne peut pas prononcer une ordonnance régalienne à la française. Les 186 000 signatures déposées la semaine dernière pour s’opposer au certificat sanitaire, qui figure dans la loi Covid-19, sont là pour le rappeler. Une obligation de vacciner tout ou une partie de la population n’est pas imposable, à l’heure actuelle. Il faudrait évidemment que les cantons soient aussi consultés.

En revanche, des restrictions d’accès à certains établissements ou services pourraient devenir tangibles pour les non-vaccinés. C’est d’ailleurs une des raisons d’être du certificat sanitaire helvétique. Si la situation se dégrade, l’obligation du sésame pourrait être étendue pour franchir d’autres portes. En réalité, la situation se dégrade déjà et il ne serait pas étonnant que le Département de l’intérieur d’Alain Berset et le Conseil fédéral annoncent rapidement des mesures, à l’instar de nos voisins français. Cela pourrait être pour ce mercredi déjà.

Votre opinion

635 commentaires