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FootballEn Suisse, les clubs pros reçoivent parfois des offres farfelues

A l’instar de ce buteur amateur offrant ses services au PSG pour rire, il n’est pas rare que des propositions inattendues soient adressées aux clubs de SFL. Tour d’horizon en Suisse romande.

par
Nicolas Jacquier
Nombreux sont ceux qui rêvent toujours d’intégrer les rangs d’un club professionnel (ici, le FC Sion de Fabio Grosso à l’entraînement avant la quarantaine).

Nombreux sont ceux qui rêvent toujours d’intégrer les rangs d’un club professionnel (ici, le FC Sion de Fabio Grosso à l’entraînement avant la quarantaine).

Keystone

A sa manière, Marc Poincherack est devenu une petite célébrité sur les réseaux sociaux en faisant parvenir récemment au PSG une candidature spontanée pour un poste d’attaquant. Mais la vraie fausse offre du sérial buteur de l’ASPPT Nogent-le-Rotrou a été recalée par la cellule de recrutement du club parisien.

L’homme aurait notamment été rembarré en raison de son âge et de ses mensurations. «Si vous progressez, lui a-t-on répondu, peut-être un jour attirerez-vous l’attention de nos recruteurs; bien que cela semble compromis au regard de votre âge de 42 ans et de votre gabarit de 1,62 m pour 114 kilos.» Voilà qui prête au moins à sourire.

«Parfois, ce sont les mamans qui nous écrivent directement pour leur progéniture…»

Christian Constantin, président du FC Sion

Mais qu’en est-il en Suisse? Les clubs romands de Swiss Football League reçoivent-ils épisodiquement des offres spontanées voire farfelues? Pour le savoir, posons-leur directement la question.

Informé de ce qui, dans le cas présent, ressemble à un canular, Christian Constantin préfère s’en amuser. «De temps à autre, précise le boss du FC Sion, on reçoit des offres de gamins qui ont toujours l’ambition de faire carrière sans savoir qu’ils n’en ont probablement pas le potentiel. Parfois, ce sont les mamans qui nous écrivent directement pour leur progéniture… Des gens qui sont passés entre les mailles des centres de formation, comme en France par exemple, se manifestent aussi. Mais ce sont alors déjà de vrais footeux.»

Un permis de séjour pour son amour de vacances

Autre cible potentielle: la bonne-amie qui s’est entichée d’un supposé crack lors de vacances à l’étranger. «On a eu le cas d’une copine de joueur qui voulait obtenir un permis de séjour pour son amoureux.» Les offres étonnantes émanent parfois des agents eux-mêmes. «Les managers, c’est pas des curés!, s’exclame Constantin. Si vous les écoutez, ils n’ont que des phénomènes à placer.»

«En période de mercato, on reçoit entre 20 et 30 candidatures spontanées par jour»

Christian Binggeli, président de Xamax

A Neuchâtel, Christian Binggeli connaît aussi le défilé des managers, tous prêts à vous présenter l’affaire du siècle. «En période de mercato, détaille le président de Xamax, on reçoit entre 20 et 30 candidatures spontanées par jour. Des joueurs de 5e ou 6e division française sont par exemple convaincus d’avoir le niveau pour jouer chez nous.»

Voici trois ans et demi, notre interlocuteur avait même craqué en offrant sa chance - et un premier contrat - à Sonny Escolano, un jeune attaquant français débarqué de Donneloye, en 2e ligue vaudoise. Ses états de service, et un impressionnant titre de meilleur buteur (32 réussites en 20 matches), avaient alors convaincu les dirigeants neuchâtelois de l’engager.

Durant l’été 2017, Sonny Escolano (à gauche, en compagnie de Christian Binggeli) avait rejoint Xamax sans jamais parvenir à s’y imposer.

«On nous avait dit qu’il avait effectué des essais à Sion et à Lausanne, reprend M. Binggeli. La réalité, c’est que cela avait été la catastrophe. C’était un tout gentil garçon mais son corps n’était pas préparé à effectuer de pareils efforts. Les claquages et les déchirures musculaires s’étaient dès lors enchaînés…» N’ayant jamais porté les couleurs de Xamax en match officiel, Escolano sera ensuite prêté au Stade Payerne, en 2e ligue interrégionale (4 matches, 2 buts).

«La pépite qui aurait échappé à tout le monde, franchement, je n’y crois pas beaucoup»

Vincent Steinmann, directeur administratif du LS

A la Pontaise, Lausanne voit aussi continuellement affluer des offres. Très peu sont cependant farfelues. «On doit en recevoir au moins 30 par semaine, estime Vincent Steinmann, directeur administratif. Europe, Afrique, Amérique du Sud, cela vient de partout, sauf de Suisse. Dans chaque cas, la démarche est honorable et l’on répond à chacun par principe.» L’exercice s’arrête généralement là. «Quand on voit la densité des réseaux à travers la planète foot, la pépite qui aurait échappé à tout le monde, franchement, je n’y crois pas beaucoup .»

Marc Poincherack n’a pas d’équivalent non plus du côté de la Praille.



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17 commentaires
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Julius

05.11.2020 à 17:21

Mais on oublie de parler des managers...qui vantent et vendent leurs joueurs comme des Messi...

VeritasNews

04.11.2020 à 11:18

Cette publication de Marc Poincherack est un fake de A à Z !! Etonnant que vous soyez tombé dans le panneau. Il suffit de regarder l'adresse dans l'entête, le nom du "Directeur des ressources humaines" ou encore les indications en bas de page...

Henri

04.11.2020 à 11:04

N'empête que certains ont passé des divisons amateurs à pro. Par exemple, Kevin Bua a passé de la 2e ligue à Lancy au FC Bâle aujourd'hui. Il y a d'autre exemple. Adil Rami qui travaillait dans une mairie comme employé communal a passé de la CFA à champion du monde. Pareil pour Kanté, Ribéry, etc... Quand Leicester a été champion, bcp de joueurs venaient des divisons inférieurs. A l'inserve, certains pro sont aussi tout le temps blessé. On se souvient de Senderos. Aujourd'hui, des joueurs comme Shaqiri, Schär sont souvent blessés. Mais, c'est vrai que les joueurs qui viennent du monde amateur sont tout de même une exception.