Etude – En Suisse, l’Islam n’est pas «piloté par l’étranger»
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ÉtudeEn Suisse, l’Islam n’est pas «piloté par l’étranger»

Une étude du Centre Suisse Islam et Société de l’Université de Fribourg montre que les réseaux transnationaux ont «moins pris pied en Suisse que dans d’autres pays».

La grande Mosquée de Genève (image d’illustration).

La grande Mosquée de Genève (image d’illustration).

Georges Cabrera/TDG

«Les réseaux transnationaux, tels que les Frères musulmans nés en Égypte ou la Ligue islamique mondiale (LIM) financée par l’Arabie saoudite, ont joué un rôle important dans la création et la mise sur pied de plusieurs mosquées et associations musulmanes. Ils ont cependant moins pris pied en Suisse que dans d’autres pays et y ont même perdu de leur influence ces dernières années», affirme une nouvelle étude du Centre Suisse Islam et Société (CSIS) de l’Université de Fribourg (UniFR).

S’intéressant pour la première fois au lien entre relations transnationales et réseaux locaux, les chercheurs ont montré que «des associations faîtières organisées au niveau cantonal occupent désormais des fonctions de représentation importantes vis-à-vis des milieux politiques, des médias, des Églises et de la société», explique l’UniFR dans un communiqué de presse.

Pour arriver à ces conclusions, les chercheurs ont suivi un processus en trois étapes. Ils ont d’abord analysé «le débat politique et de l’espace médiatique, qui attribue souvent un rôle central à l’influence présumée de l’étranger». Ils ont ensuite présenté «quatre réseaux transnationaux musulmans et leur influence en Occident»: les Frères musulmans, Tablighi Jamaat, l’Association des projets de bienfaisance islamiques (Al-Ahbash) et le mouvement wahhabite. 

S’appuyant enfin sur sept études de cas sur des communautés musulmanes majeures (notamment à Zurich, Bâle, Berne, Delémont, Lausanne et Genève) basées sur des documents, une quarantaine d’entretiens et des consultations d’experts, les chercheurs ont exploré la relation entre ces influences extérieures et les réseaux locaux.

Diversité et dynamisme

«Une grande partie des associations nées dans les années 1970 est désormais multilingue. Si certaines sont davantage tournées vers l’intérieur, d’autres entretiennent des relations étroites avec les autorités, les écoles et les Églises», constatent-ils, donnant l’exemple de la grande mosquée de Genève qui est «fortement imprégnée du contexte politique en Arabie saoudite, mais laisse néanmoins la place à des groupes de femmes et à un enseignement religieux axé sur la réalité de la vie en Suisse».

En plus de «réfuter la vision générale d’un islam piloté par l’étranger en Suisse», L’étude démontre encore que les communautés musulmanes se sont diversifiées et ont développé leurs activités, «telles que la formation, la direction de mosquées et l’accompagnement spirituel», liste le communiqué de presse

À propos de l’étude

(comm/aze)

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