Actualisé 04.06.2019 à 09:20

HumeurEn Suisse, on n'aime pas du tout les lanceurs d'alerte!

A Berne, la cause des lanceurs d'alerte n'a guère trouvé d'écho. L'économie les considère avec méfiance et comme un danger à mettre hors d'état de nuire.

par
Eric Felley
Le Parlement n'a pas voulu d'une protection particulière pour les lanceurs d'alerte. Sans doute que les CD volés dans les banques ont laissé des traces dans certains esprits.

Le Parlement n'a pas voulu d'une protection particulière pour les lanceurs d'alerte. Sans doute que les CD volés dans les banques ont laissé des traces dans certains esprits.

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Les Snwoden et autres Falciani en herbe n'ont qu'à bien se tenir. En Suisse, les lanceurs d'alerte n'auront jamais le statut de héros national... C'est ce qu'il ressort de la tentative du Parlement d'aborder cette question sous l'angle de sa protection et qui s'est soldée lundi par un échec total. Le lanceur d'alerte à l'intérieur d'une entreprise ou d'une administration, ce chevalier blanc individualiste qui vient perturber la hiérarchie, n'a pas à être encouragé par la loi.

Devoir de fidélité

Comme l'a très bien résumé la conseillère nationale Laurence Fehlman Rielle (PS/GE), «La logique choisie dans ce projet se place exclusivement du point de vue de l'obligation de fidélité de l'employé, ce qui le met dans une position d'infériorité vis-à-vis de l'employeur. On ne se place pas au niveau de la protection dont devraient bénéficier les lanceurs d'alerte, mais du point de vue des infractions qu'ils pourraient peut-être commettre.»

Protection de l'entreprise

Le Conseil fédéral proposait une procédure en cascade où le lanceur d'alerte doit d'abord signaler l'infraction à l'intérieur de l'entreprise. Si l'entreprise ne fait rien, il a le droit de s'adresser à une autorité étatique compétente pour traiter l'affaire. Si cette autorité ne lève pas le petit doigt, il serait autorisé à aller devant la presse et rendre public cette violation. Inutile de dire que dès la première étape, il se met en danger et risque fort d'être licencié. Le titre du projet «Protection en cas de signalement d'irrégularités par le travailleur» s'est transformé en protection de l'entreprise en cas de de traîtrise à l'interne.

Seul le public est juge

Autrement dit, les lanceurs d'alerte feraient mieux de passer tout de suite à la troisième étape, si l'urgence morale leur impose d'agir. La seule reconnaissance de leur action sera celle du public. Pour le reste, il ne trouvera guère de compassion dans le système où le lanceur d'alerte est pris au piège par ses motivations dépeintes comme revanchardes, égoïstes ou pécuniaires! Toux ceux qui sont passés par-là n'en sont jamais sortis indemnes. Mais ils ont, parfois, bousculé la perception du monde.

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