Éditorial: En Suisse, une deuxième vague qui ne dit pas (encore) son nom
Publié

ÉditorialEn Suisse, une deuxième vague qui ne dit pas (encore) son nom

D’une semaine à l’autre, les cas positifs augmentent d’une manière constante vers un pic inconnu… Le retour aux grandes manifestations de plus de 1000 personnes est-il compromis?

par
Eric Felley
La semaine dernière au Palais fédéral. Le conseiller fédéral Alain Berset attend masqué. Devra-t-il prendre de nouvelles mesures au sujet des grandes manifestations?

La semaine dernière au Palais fédéral. Le conseiller fédéral Alain Berset attend masqué. Devra-t-il prendre de nouvelles mesures au sujet des grandes manifestations?

KEYSTONE/Alessandro Della Valle

Qu’on le veuille ou non, la progression constante du nombre de cas positifs au coronavirus depuis le début juillet, marque bien l’amorce d’une vague, beaucoup plus lente que la première qui est arrivée au mois de mars. Ces dernières semaines, la Suisse a dépassé les 300 cas, puis les 400 et enfin vendredi dernier les 500. Durant celle-ci, il se peut bien que l’on passe la barre des 600.

En Autriche, le Gouvernement a formellement reconnu ce week-end que le pays était touché par une «deuxième vague» après avoir atteint 870 cas par jour pour une population de 8,8 millions, légèrement plus élevée qu’en Suisse. Le Gouvernement a donc décidé de durcir les mesures avec un port du masque plus étendu et envisage de limiter les rassemblements si la courbe ne s’inverse pas.

Quand atteindrons-nous le pic de cette vague?


En Suisse, nous sommes également entrés dans une deuxième vague, qui ne dit pas encore son nom. Se pose à nouveau cette question lancinante qui s’était posée au printemps: quand atteindrons-nous le pic de cette vague? Octobre? Novembre? Décembre? La réponse est cruciale pour la suite des événements… C’est à partir du 1er octobre que les manifestations de plus de 1000 personnes sont à nouveau autorisées, en particulier dans les stades de football et de hockey, qui pourront être remplis aux deux tiers.

On doit se demander aujourd’hui si l’augmentation continue des cas peut constituer une menace pour l’application de cette mesure. Pour des raisons épidémiologiques, le Conseil fédéral devra-t-il revenir sur cette décision? Dans le contexte actuel, ce serait une décision très difficile à prendre. Jusqu’au 1er octobre, il reste encore deux bonnes semaines pour que la courbe se tasse. Ce n’est pas certain. Lorsqu’il avait annoncé l’abandon de la limite des mille personnes, Alain Berset avait laissé entendre, comme toujours, que la situation devrait être réévaluée en fonction de l’évolution de l’épidémie. À mi-septembre, elle ne semble pas aller dans le bon sens.

Votre opinion

135 commentaires