Maladies - En temps de pandémie, pas de rougeole en Suisse
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MaladiesEn temps de pandémie, pas de rougeole en Suisse

Nos comportements actuels ont des conséquences parfois importantes sur la diffusion de plusieurs maladies.

par
Renaud Michiels
La rougeole a presque totalement disparu de Suisse depuis le début de la pandémie de coronavirus.

La rougeole a presque totalement disparu de Suisse depuis le début de la pandémie de coronavirus.

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La pandémie de coronavirus n’entraîne pas que des mauvaises nouvelles. Ainsi, on le sait, la limitation des contacts, le port du masque ou la distanciation ont eu un effet massif sur la grippe, qui n’a pratiquement pas existé cet hiver. Dans son dernier bulletin hebdomadaire, l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) indique ainsi que 117 cas ont été recensés lors des dernières 52 semaines. Pour plus de 100 fois plus lors des 52 semaines précédentes: 12 441 cas.

Une diminution spectaculaire que l’on peut également constater pour une autre maladie transmissible: la rougeole. Là encore, si on prend les 52 dernières semaines, on ne trouve que 4 cas de rougeole. Contre 149 les 52 semaines précédentes ou 135 pour la même période en 2018-2019. On peut ajouter qu’aucun cas n’a pour l’instant été détecté cette année. Une quasi-disparition de la rougeole, c’était du jamais-vu.

La Suisse n’est d’ailleurs évidemment pas une exception en la matière. Mardi, Santé publique France a indiqué que le nombre de cas a été divisé par plus de dix entre 2019 et 2020, passant de 2636 à 240. Rappelons que, comme le coronavirus, le virus de la rougeole se transmet principalement par voie aérienne, avec les gouttelettes de salive.

Des effets pervers

Porte-parole de l’OFSP, Yann Hulmann nous indique que d’autres maladies transmissibles respiratoires ont été freinées par les mesures de lutte contre la pandémie en Suisse. On peut en effet constater une baisse des cas de méningocoques, de tuberculose ou surtout de maladies à pneumocoques: 300 cas ces 52 dernières semaines contre 830 pour les 52 précédentes.

Mais le porte-parole note que nos comportements durant la pandémie peuvent aussi impliquer des effets pervers, par exemple nos envies de balades au grand air. «La hausse significative du nombre de cas d’encéphalite à tiques déclarés n’est pas surprenante. La météo favorable a profité tant à la population qu’aux tiques», remarque Yann Hulmann. On a en effet dénombré 459 cas lors des 52 dernières semaines pour 262 lors des 52 précédentes. Il s’agit donc, rappelle-t-il, d’adopter des comportements adéquats: port de vêtements longs et contrôle après exposition. Ou de se faire vacciner, surtout si l’on réside dans une région à risque.

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