Motocyclisme: En vitesse!
Publié

MotocyclismeEn vitesse!

La chronique de Thomas Lüthi, pilote de MotoGP, à découvrir dans «Le Matin Dimanche».

par
Thomas Lüthi
Remo Neuhaus

Vendredi, Andrea Dovizioso a établi un nouveau record absolu de vitesse sur le Mugello, en étant chronométré à 356,4 km/h. Personnellement, je suis assez éloigné de cette marque, puisque j’ai dû me contenter de 338,9 km/h au même endroit; c’est néanmoins un record personnel et cela fait une sacrée différence par rapport à ce que je connaissais en Moto2. La première fois que j’ai dépassé les 330, c’était lors des essais du GP du Qatar, et pour tout vous dire, on s’habitue très rapidement à de telles vitesses de pointe. Pour autant, bien sûr, que la piste soit parfaite.

Or ici, au Mugello, et Michele Pirro en a malheureusement fait l’expérience vendredi, il y a une bosse au moment où nous atteignons la vitesse maxi et la moto a tendance à se lever. Pour éviter une catastrophe, il faut donc s’aider avec le frein arrière, pour que la moto ne se cabre pas trop. Et même avec les MotoGP modernes, il n’y a pas une aide électronique miraculeuse pour cela. C’est bien le doigté du pilote qui doit faire la différence et c’est un sacré défi.

Ce circuit du Mugello est extraordinaire. Le plaisir y est absolu même si, pour moi, il serait encore plus grand si l’écart qui me sépare des meilleurs diminuait. Vous savez qu’on parle passablement de notre équipe, en raison des troubles internes dans laquelle elle est plongée depuis maintenant quatre semaines. J’essaie de faire abstraction de ces problèmes, mais il est certain qu’il y a de la tension, beaucoup de questions qui se posent. Et peu de réponses.

Ce que je veux pourtant dire, c’est que dans le stand, tous mes techniciens font le maximum, leur boulot est exemplaire alors qu’eux aussi ne peuvent qu’être inquiets par tous les bruits qui nous entourent. J’ai déjà connu beaucoup de choses durant ma carrière, cette situation est nouvelle. J’espère qu’elle me renforcera, parce que j’en ai grand besoin actuellement.

Je sais, je sens que les gens deviennent impatients, mais je peux assurer que je fais tout pour y arriver. Chaque fois que je monte sur ma Honda, j’apprends de nouvelles choses; il m’est encore difficile d’oublier certaines habitudes prises en Moto2. Mon copain Franco Morbidelli, lui, a compris beaucoup plus rapidement que moi, mais je ne baisse pas les bras.

Cette chronique est assurée en alternance par Thabo Sefolosha, Nino Niederreiter, Fanny Smith, Thomas Lüthi et Yann Sommer.

Votre opinion