15.03.2019 à 10:14

ScienceEnceinte malgré la pilule? Peut-être la faute à un gène

Une étude semble montrer que certaines femmes seraient insensibles aux hormones distillées par les contraceptifs.

par
Michel Pralong
Tomber enceinte malgré la prise de conctraceptifs est souvent attribué à leur mauvaise utilisation. Cela pourrait ne pas être le cas.

Tomber enceinte malgré la prise de conctraceptifs est souvent attribué à leur mauvaise utilisation. Cela pourrait ne pas être le cas.

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Il existe un certain nombre de femmes qui tombent enceintes bien qu'elles disent utiliser des contraceptifs. Selon le Dr Aaron Lazorwitz , professeur agrégé d'obstétrique et de gynécologie à la faculté de médecine de l'Université du Colorado, le réflexe dans le milieu de l'industrie pharmaceutique est souvent d'en attribuer la faute à ses femmes, qui ne prendraient pas correctement leur contraceptif. Mais personne ne s'est jamais demandé s'il pouvait y avoir une raison médicale à ce phénomène.

C'est ce qu'a décidé de faire le Dr Lazorwitz. Il a cherché une explication dans le domaine de la pharmogénomique, qui étudie le lien entre les différentes réactions des gens en fonction de leurs différences génétiques. Cela lui semblait une bonne piste puisque, explique-t-il au site Inverse, les divers contraceptifs utilisant essentiellement les mêmes hormones, il serait utile de savoir si toutes y répondent de la même manière.

5% avec un gène différent

Cela ne semble pas être le cas. Le médecin et son équipe ont examiné 350 femmes en bonne santé (âge moyen de 22 ans et demi) qui avaient un implant contraceptif en place depuis 12 à 36 mois. Ils ont constaté que 5% d'entre elles possédaient un gène appelé CYP3A7 * 1C qui était toujours actif. Or celui-ci se désactive la plupart du temps avant la naissance d'un individu. On n'a pas encore découvert à quoi il servait chez le fœtus, ni pourquoi si peu de personnes le gardent actif ensuite. En revanche, l'étude, publiée mardi dans la revue «Obstetrics & Gynecology», a montré qu'il produisait des enzymes qui pouvaient détruire les hormones stéroïdiennes distillées par les contraceptifs. Et donc les rendre inefficaces.

Pour cette recherche, les scientifiques ont utilisé comme contraceptifs des implants, car c'est la méthode la plus simple pour examiner des différences hormonales et c'est également la plus efficace pour prévenir les grossesses (99%). Même si des différences du taux d'hormones significatives ont été détectées entre les femmes porteuses du gène actif et les autres, aucune n'est tombée enceinte.

Contraception personnalisée

Reste maintenant à étudier si ces résultats se confirment avec la pilule et à établir un lien scientifique entre les différences génétiques et des cas de grossesses malgré les contraceptifs. Le Dr Lazorwitz espère que, d'ici là, on n'accuse plus systématiquement de négligence les femmes qui tombent enceintes involontairement et que des nouvelles recherches génétiques permettent de proposer à l'avenir des méthodes de contraception plus personnalisées.

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