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Fraude au chômageEncore dix prévenus en détention

L'enquête sur l'escroquerie massive qui secoue le canton de Vaud depuis quelques mois n'en est qu'à ses prémices.

Des collaborateurs d'Unia sont soupçonnés d'escroquerie.

Des collaborateurs d'Unia sont soupçonnés d'escroquerie.

Archives/Photo d'illustration, Keystone

L'enquête sur la vaste fraude au détriment de la Caisse cantonale vaudoise de chômage (CCh) est «à flux tendu». Dix prévenus sont encore en détention et le rôle du syndicaliste dans l'escroquerie se révèle crucial, indique mercredi le procureur.

Révélée au public fin avril dernier, l'enquête dans le monde de la construction a démarré durant l'été 2016. Actuellement, dix prévenus sont encore en détention et des demandes de prolongation de détention ont été déposées auprès du Tribunal des mesures de contrainte, explique le procureur interrogé par l'ats.

Nouvelle arrestation

Une arrestation supplémentaire est survenue. Il s'agit «d'un individu qui a eu un rôle d'homme de paille, facilitant et participant à la commission de l'infraction», poursuit le procureur. Depuis 2012, une vingtaine de sociétés ont été mises en faillite et le montant du préjudice évolue constamment par rapport aux trois millions de francs évoqués au départ.

Pour mémoire, l'instruction porte sur la perception indue d'indemnités en cas d'insolvabilité. Des centaines de travailleurs ont été déclarés abusivement depuis 2013 à la CCh afin de recevoir de l'argent après la faillite des sociétés censées les employer.

«L'enquête a pour objectif de déterminer qui sont les employés fictifs, les employés réels ayant abusé du système et ceux qui avaient pleinement droit à une indemnité», précise le procureur.

Maillon essentiel

Outre des patrons d'entreprises, deux syndicalistes sont toujours sous les verrous. «L'un d'entre eux est un maillon essentiel du schéma frauduleux. Tout converge pour dire qu'il est impliqué à ce titre. Quant à l'autre, l'enquête doit permettre de mesurer l'ampleur de son implication.»

Hormis celle des deux prévenus déjà interpellés, aucune complicité n'a été mise en évidence au sein de la Caisse cantonale de chômage, qui a déposé plainte en été 2016, ou du syndicat Unia, tient à souligner le procureur.

Flux tendu

La tâche est lourde pour le Ministère public. «C'est une enquête à flux tendu. Qu'il s'agisse des documents ou des auditions, c'est massif», note le procureur en citant le Tribunal cantonal: «une enquête d'un spectre sans commune mesure». «Je suis seul responsable, il n'y a pas de cellule spéciale mise sur pied pour cette affaire».

Le procureur juge à ce stade «impossible» de se prononcer sur la durée de l'enquête qui se concentre sur Vaud. «Des contrôles sont effectués dans d'autres cantons et des contacts pris avec diverses brigades financières», ajoute-t-il.

(ats)

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