États-Unis: Encore une affaire d’espionnage pour Credit Suisse
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États-UnisEncore une affaire d’espionnage pour Credit Suisse

Une ancienne employée américaine de la banque dit avoir été suivie, harcelée et menacée.

par
lematin.ch
L'accusation vient cette fois des États-Unis.

L'accusation vient cette fois des États-Unis.

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À peine sorti d’un tonitruant cas d’espionnage, Credit Suisse se retrouve avec un autre sur les bras, avec une ancienne employée affirmant avoir été suivie et intimidée durant trois jours.

Le premier scandale avait éclaté en septembre, lorsqu’on apprenait que l’ancien responsable de la gestion de fortune de la banque Iqbal Khan avait été suivi par des détectives privés à Zurich. L’affaire, après plusieurs rebondissements, polémiques et même le suicide d’un détective, s’était conclue par le départ du directeur opérationnel et du responsable de la sécurité de Credit Suisse.

Dissimuler des pertes

L’accusation vient cette fois des États-Unis. Elle émane de Colleen Graham, qui a été cadre chez Credit Suisse durant vingt ans.

Début 2016, Credit Suisse et la firme américaine Palantir, spécialisée dans l’analyse des données et financée par la CIA, ont créé une joint-venture nommée Signac, qui a développé un logiciel pour détecter les comportements internes frauduleux de collaborateurs. Et Colleen Graham a été nommée à la direction de Signac.

La suite? Elle affirme que la banque lui a demandé au printemps 2017 de contourner des règles comptables pour dissimuler des pertes se chiffrant en millions de dollars. Colleen Graham dit avoir refusé.

Frustration et représailles

Face à ce refus, selon les documents judiciaires, l’Américaine prétend que Credit Suisse et Palantir ont exprimé une «forte frustration». Elle dit ensuite avoir subi des représailles: menaces de licenciement, exclusion de meetings importants, pertes de revenus.

Puis, écrit Bloomberg citant la plainte, «Credit Suisse a envoyé une femme non identifiée pour suivre, harceler et intimider Mme Graham durant trois jours.» «J’avais peur pour ma sécurité et celle de ma famille», a-t-elle ajouté sur NBC. La firme Signac a ensuite été dissoute et Colleen Graham a décidé de poursuivre Credit Suisse en 2017.

«Sans fondement»

Face à ces accusations, la banque suisse a opposé un démenti formel: «Credit Suisse a mené des enquêtes internes complètes et approfondies sur chacune des allégations de Mme Graham et toutes se sont révélées sans fondement.»

L’affaire est toujours pendante et sera traitée par un juge administratif du Département américain du travail.

R.M.

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