12.06.2014 à 13:53

«Enfant secret» d'Albert II: «Paris Match» condamné à tort

Monaco

«Paris Match» a obtenu gain de cause à Strasbourg. Selon la Cour européenne des droits de l'homme, l'hebdomadaire n'aurait pas dû être condamné pour avoir révélé l'existence d'un «fils secret» du prince Albert II de Monaco.

Selon la CEDH, Paris Match n'aurait pas dû être condamné par les tribunaux pour avoir révélé en 2005 l'existence d'un «fils secret» du prince Albert II de Monaco.

Selon la CEDH, Paris Match n'aurait pas dû être condamné par les tribunaux pour avoir révélé en 2005 l'existence d'un «fils secret» du prince Albert II de Monaco.

ARCHIVES, AFP

La révélation en 2005 par Paris Match d'un enfant caché d'Albert II de Monaco relevait d'un intérêt public légitime, a estimé jeudi la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) à Strasbourg. L'hebdomadaire français n'aurait donc pas dû être condamné pour atteinte à la vie privée.

«Il y avait un intérêt légitime du public à connaître l'existence de cet enfant et à pouvoir débattre de ses conséquences éventuelles sur la vie politique de la principauté de Monaco», ont estimé les juges européens. Ils ont conclu que la condamnation de l'hebdomadaire avait constitué une violation de sa liberté d'expression.

L'arrêt de la CEDH a été rendu par quatre voix contre trois. Il est susceptible d'appel.

«L'article de Paris Match ne formulait aucune allégation relevant de la diffamation», a relevé la Cour. Le Prince «n'a pas contesté la véracité des révélations». Après cette publication, il avait été contraint de reconnaître officiellement l'enfant en juillet 2005.

Paris Match a salué un arrêt «extrêmement important», qui «fera jurisprudence». «C'est une affaire très symbolique. On avait l'impression que la loi s'appliquait très différemment à un chef d'Etat et à un particulier», a commenté Olivier Royant, actuel directeur de la rédaction de Paris Match. Et de souligner que son journal avait «écrit la vérité, et non pas une rumeur».

De son côté, le palais princier de Monaco n'a souhaité faire aucun commentaire. Cet arrêt n'est pas définitif: les parties ont trois mois pour demander un nouvel examen du dossier par la CEDH, qui n'est toutefois pas tenue de le leur accorder.

«Importance politique»

Au printemps 2005, la révélation de l'existence du garçon avait fait les choux gras de la presse people. Elle survenait quelques semaines seulement après l'accession au trône des Grimaldi d'Albert II, qui n'avait alors pas d'héritier.

(ats)

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