France voisine: Enfin la vérité sur le sort tragique de Magalie Part?

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France voisineEnfin la vérité sur le sort tragique de Magalie Part?

Près de vingt ans après la découverte du corps de la jeune femme, le plus célèbre «cold case» de la région genevoise a été rouvert.

par
Renaud Michiels
Magalie Part, 19 ans, est sortie acheter des cigarettes en 2001 à Ornex. On ne l'a jamais revue vivante.

Magalie Part, 19 ans, est sortie acheter des cigarettes en 2001 à Ornex. On ne l'a jamais revue vivante.

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Va-t-on enfin savoir qui a tué Magalie Part, près de vingt ans après son meurtre? «Le Parisien» annonce en tout cas que l'enquête sur ce «cold case», probablement le plus tristement célèbre de la région genevoise, a été relancée. L'Office central de répression des violences aux personnes (OCRVP) a été saisi. Voici le rappel de cette tragique énigme en cinq chapitres.

Le drame

Aînée d'une fratrie de cinq enfants, Magalie, 19 ans, s'est mariée avec Geoffrey Part en décembre 2000. Ils se sont installés dans le Pays de Gex, à Ornex, à côté de Genève. Le lundi 26 mars 2001, au matin, elle sort avec sa jeune rottweiler Redza. Elle aurait dit à son mari qu'elle allait acheter des cigarettes à Ferney-Voltaire. Dans l'après-midi, racontera son époux, il ne la trouve pas et découvre qu'elle ne s'est pas rendue à son travail. Il signale sa disparition vers 20 heures et part à sa recherche.

Le lendemain vers 11 heures, le corps partiellement dénudé et largement carbonisé de Magalie Part est découvert sur le bord d'un chemin de campagne de Vulbens, au pied du Vuache, à plus de 20 km de son domicile.

Ce que l'on sait

La jeune femme a été battue: l'autopsie a révélé douze fractures. Peut-être empoisonnée, aussi. Son corps a été brûlé après son décès. Elle n'a apparemment pas subi d'agression sexuelle. On sait aussi que l'endroit où elle a été retrouvée n'est pas la scène du crime. Elle a été tuée et brûlée ailleurs. Puis son corps a été transporté. Près du cadavre, on a retrouvé un mégot d'une marque de cigarette uniquement vendue en Suisse. Cette cigarette avait été fumée par Magalie puis a donc été déplacée. Mais où l'a-t-elle obtenue? Et pourquoi cette mise en scène? Mystère.

Les défaillances

Dans cette affaire, les enquêteurs avaient été pointés du doigt pour plusieurs manquements. Ils auraient trop tôt privilégié la thèse d'une mauvaise rencontre, délaissant ainsi l'éventuelle implication d'un proche. Ainsi, alors que le corps a été déplacé, aucune voiture des proches de la victime n'a été inspectée. La scène où le cadavre de Magalie a été retrouvé aurait aussi été mal protégée. Des traces de pneu auraient disparu.

Plus étonnant encore, la chienne Redza a été retrouvée deux jours après sa sortie avec Magalie, à Crozet, à 10 kilomètres du domicile du couple. L'animal aurait erré durant tout ce temps, sous la pluie? Pourtant le chien était sec et propre et sentait même encore le parfum de sa maîtresse. Comment est-ce possible? Son pelage n'avait pas été inspecté non plus.

Les pistes

Magalie Part a-t-elle croisé son meurtrier par hasard? Ou faut-il chercher dans son entourage? Personnage forçant un peu trop sur la bouteille et qui offrait de la lingerie à sa bru, le beau-père de la victime a «un temps été placé en garde à vue mais n'a jamais été poursuivi», rappelle «Le Parisien».

Et son mari Geoffrey? Il avait été condamné par le passé pour violences conjugales et écroué quelques jours à la prison de Champ-Dollon, à Genève. Et il a été dans le viseur de la justice. Mais la vérité ne viendra pas de lui: il s'est donné la mort en septembre dernier. «Je ne sais pas comment prendre son suicide. Est-ce un aveu de culpabilité? Est-ce qu'il était acculé par la police? Ou le deuil était-il simplement trop dur à vivre… Je ne sais pas.», commente le papa de Magalie Éric Bertrand dans «Le Parisien».

Ajoutons que le corps de la jeune femme a été exhumé en avril 2016. Mais les nouvelles analyses ADN n'ont rien donné. En vérité, dix-huit ans après le meurtre, on ne sait toujours rien des dernières heures de la jeune femme. Et rien de son tueur.

L'espoir

L'énigmatique «cold case» peut-il vraiment être résolu près de vingt ans après les faits? Difficile à dire. Mais l'entrée en piste des limiers de l'Office central de répression des violences aux personnes permettra de porter un regard neuf sur le dossier. Et du côté de la famille de Magalie, en tout cas, l'espoir subsiste. «J'ai besoin de savoir. Je veux connaître la vérité. Qui a fait ça, pourquoi?» explique son père dans «Le Parisien». «Avoir un service spécialisé sur l'affaire, c'est une bonne nouvelle. Je compte sur eux.»

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