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CyclismeEnfin le retour de l'incroyable Hulk?

Passé par la case Covid, obligé de manquer les Classiques et en quête d’un dernier gros contrat, Peter Sagan est revanchard sur le Tour de Romandie.

par
Robin Carrel
Peter Sagan lors du chrono à Oron-la-Ville.

Peter Sagan lors du chrono à Oron-la-Ville.

AFP

Il y a onze ans, alors qu’il venait de passer professionnel, le Slovaque se révélait sur Paris-Nice en levant les bras pour la première fois chez les grands. Dans la foulée, sur le Tour de Romandie, il confirmait directement qu’il faisait partie des cadors à à peine vingt ans. Il prenait alors la 2e place du prologue à Porrentruy, avant de s’imposer le lendemain au sprint à Fleurier et d’enfiler le premier maillot jaune de sa jeune carrière.

«Tout le monde change à travers les années, je ne suis donc pas du tout le même qu’à cette époque, a-t-il souri. On grandit tous, on vieillit et on évolue. Je ne suis pas différent du commun des mortels. Mais je continue à me battre pour essayer de gagner des courses et je crois avoir toujours aussi faim de victoire qu’à cette époque. On verra si quelque chose de bien se passe cette semaine pour mon retour en Suisse romande, j'en serais très content.»

Peter Sagan est quelque peu rentré dans le rang ces derniers mois, lui aussi dans le dur face à une nouvelle génération qui ressemble finalement pas mal à celui qu’il était. Il semble avoir trouvé ses maîtres sur les courses d’un jour, n’est pas le plus rapide face aux purs sprinters et bien passer les bosses ne lui suffit plus pour gagner des maillots distinctifs. Depuis le début de l’année 2020, il a dû se contenter d’une étape du Giro en 2020, d’une sur le Tour de Catalogne il y a peu et de deux 4es places à Milan-Sanremo. Pas mal, mais loin de ses standards, lui qui est d’habitude plus cannibale qu’anorexique.

Du coup, le retour de «Hulk» sur le Tour de Romandie, onze ans après, peut faire office de déclic voire de renaissance. Le sextuple vainqueur du classement par points du Tour de France n’a plus de contrat en vue de la saison prochaine et la Bora-Hansgrohe a d’ores et déjà assuré qu’elle ne le prolongerait pas. Les prétendants devront avoir les reins solides pour espérer séduire un homme dont le salaire annuel est estimé à quelque 5 millions d’euros, mais qui a une image incroyable auprès des fans de la petite reine.

«Ca va être dur mais il y a peut-être une ouverture mercredi à Martigny.»

Peter Sagan

Lui, ne s’en fait pas trop pour ça. Il sait bien qu’il rebondira, tant sur la route que la saison prochaine. Ailleurs, forcément. «Oui, on verra bien pour l'année prochaine, je ne sais pas encore... Mais je suis pro depuis 11 ans et je ne dois pas m'inquiéter de ça, a-t-il maugréé. J'ai connu meilleure période dans ma carrière, mais au moins, on a pu courir cette année. Le programme était bien plein en ce début de saison et j'ai préféré ça.»

Le Covid l’a retardé dans sa préparation et il a dû rater les Flandriennes qu’il aime tant. Il reporte ainsi ses ambitions sur le prochain Giro, qui s’élance le 8 mai prochain. «Je suis là pour me tester, pour voir où j’en suis, a expliqué le coureur friand de wheeling. Sur le Tour de Romandie, ça va être dur mais il y a peut-être une ouverture mercredi à Martigny. Honnêtement, je vais prendre jour après jour. Mais je vais essayer aussi de pousser pour voir quel est mon niveau. Et ensuite, ce sera parti sur le Giro, où j’essaierai de me battre pour le maillot cyclamen et gagner des étapes. C'est ce que tout le monde attend de moi, de toute façon.»

Pas simple de se motiver pour un coureur de 31 ans du genre showman, qui se nourrit des ambiances de feu en bord de route et qui voit son fils grandir souvent loin de lui. «Oui, le public me manque forcément, on ne peut pas comparer, a-t-il avoué, fataliste. C’est vraiment très triste, mais c'est comme ça pour tout le monde. On doit s'y habituer, parce qu'on ne sait pas pendant combien de temps on en a avec ça…» Peter Sagan a heureusement et de tous temps été un sacré vaccin contre la morosité.

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