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Impôt libératoireEnrico Letta vise un accord fiscal avec la Suisse

Le chef du gouvernement italien Enrico Letta estime que «c'est le bon moment» pour essayer de conclure un accord fiscal avec la Suisse.

Le chef du gouvernement italien Enrico Letta.

Le chef du gouvernement italien Enrico Letta.

ARCHIVES, Keystone

Le chef du gouvernement italien Enrico Letta voit «une claire volonté» d'aboutir, a-t-il déclaré jeudi devant la presse étrangère à Rome. «Rien ne s«oppose côté suisse à ce que les négociations reprennent rapidement», a de son côté indiqué le Secrétariat d'Etat aux questions financières internationales (SFI). Aucun calendrier concret n«a cependant été fixé pour l'instant.

«Le sujet sera à nouveau abordé prochainement», a assuré le président du Conseil italien. Les conditions sont réunies pour arriver à un accord «positif et avantageux. Si ce n'est pas maintenant, alors quand?», a-t-il ajouté, cité par les agences de presse italiennes.

Enrico Letta s'est toutefois dit «préoccupé» par le refus des Chambres fédérales d'entrer en matière sur la loi urgente pour le règlement des aspects passés du conflit fiscal avec les Etats-Unis. «Ce n'est pas un bon signal», a-t-il estimé.

L'Italie fait partie des pays avec lesquels la Suisse discute de la possibilité de conclure un accord fiscal basé sur l'impôt libératoire de type «Rubik». Mais la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf avait déclaré en février ne pas croire qu'un tel accord puisse entrer en vigueur avant le 1er janvier 2015.

Gouvernement «stable»

Les négociations entre Berne et Rome avaient en effet été suspendues début 2013, en raison de l«élection du nouveau gouvernement italien. Un point sur lequel le chef du gouvernement s'est voulu rassurant: malgré les problèmes judiciaires du chef de la droite italienne Silvio Berlusconi, l'exécutif de coalition gauche-droite est «stable», a assuré Enrico Letta.

«Je ne vois pas d'élections anticipées à court terme, je n'ai pas l'impression que nous sommes dans une situation de ce genre», a déclaré le plus jeune dirigeant européen, âgé de 46 ans, pour sa première conférence de presse devant les journalistes étrangers.

La Cour constitutionnelle italienne a rejeté mercredi un important recours déposé par l'ex-Premier ministre Silvio Berlusconi en vue d'obtenir l'annulation d'une condamnation pour fraude fiscale. Une décision qui pourrait l'obliger à renoncer à tout mandat électoral.

«L'histoire d'un succès»

Le chef du gouvernement italien a également profité de son discours pour rappeler son enthousiasme europhile. Il s'est lancé dans un vif plaidoyer en faveur de l'Europe, rêvant de faire de l'Italie «le pays le plus pro-européen», à «l'avant-garde de la construction des Etats-Unis d'Europe», a-t-il lancé.

«Il n'est pas vrai que l'Europe soit un problème, soit coupable de la crise, c'est au contraire l'histoire d'un succès», a-t-il estimé. Beaucoup ne voient que «le verre à moitié vide, voire aujourd'hui complètement vide, et continuent à parler mal de l'Europe, de l'euro», a regretté Enrico Letta.

Il faut renforcer toutes les formations politiques pro-européennes «de gauche comme de droite» et s'attaquer de front au chômage des jeunes, une priorité absolue, a-t-il affirmé. «C'est le message fort qui touche toutes les familles dans toute l'Europe», a-t-il insisté.

«En regardant le journal télévisé le soir, les familles comprendront si les dirigeants se sont occupés de quelque chose qui les préoccupe ou pas», a encore déclaré Enrico Letta.

(ats)

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