Berne: Entendant des voix, il avait tué un inconnu pour «grandir»

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BerneEntendant des voix, il avait tué un inconnu pour «grandir»

Un Suisse comparaît depuis lundi devant la justice bernoise pour le meurtre d'un Polonais, il y a près de deux ans dans la capitale. Selon un psychiatre, il ne peut pas être tenu responsable de ses actes.

par
ofu/ats

Les faits paraissent incompréhensibles. Il y a près de deux ans, un trentenaire a abattu par balle un parfait inconnu, assis sur un banc à Berne. Le procès du Suisse s'est ouvert lundi au Tribunal régional de Berne. Un psychiatre le qualifie d'irresponsable.

L'accusé souffre en effet depuis de nombreuses années d'une schizophrénie de type paranoïde. Au moment des faits, il fumait par ailleurs beaucoup d'herbe. C'est une voix intérieure qui l'aurait incité à passer à l'acte. L'expert psychiatre lui atteste un gros risque de récidive.

Tuer pour «grandir»

Le Ministère public a demandé pour le Suisse de 33 ans un «petit internement» selon l'article 59 du Code pénal. Concrètement, il s'agit de mesures thérapeutiques institutionnelles d'au moins cinq ans dans une clinique fermée.

Interrogé lundi par la Cour, le prévenu a accepté cette mesure. Il a aussi expliqué qu'à la base il voulait s'en prendre à son ex, qui est aussi la mère de son fils, ainsi qu'à diverses autres personnes qui l'auraient lésé. Le Ministère public lui reproche d'avoir planifié un «véritable nettoyage». Ses voix intérieures l'auraient incité à d'abord tuer quelqu'un par balle afin de «grandir».

Verdict attendu mercredi

L'enquête a permis de révéler que l'accusé s'est procuré l'arme du crime auprès d'un ami. Le 14 juillet 2016, il s'était approché par derrière de sa future victime, assise sur un banc, près du stade de foot. Au moment des faits, le Polonais de 29 ans était occupé sur son natel. Le prévenu avait alors tiré sur le père de famille avant de prendre un train pour Bienne (BE). Une fois arrivé dans la ville bilingue, il avait tiré plusieurs coups de feu en l'air devant l'immeuble de son ex-copine. Un projectile s'était niché dans le store d'un voisin, un autre dans la porte d'entrée en verre du bâtiment.

Ce n'est qu'après cet épisode que le Suisse se serait rendu compte qu'il faisait «de la m***». Le lendemain, il s'était rendu aux services psychiatriques universitaires de Berne. Deux semaines plus tard, il s'était rendu à la police. Le verdict sera prononcé mercredi.

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