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Hockey sur glaceEntre Constantin et Chagaev

La gestion des dernières semaines du Star Forward rappelle certaines pires heures du sport romand. Un vrai vaudeville vaudois.

par
Robin Carrel
On voit deux derniers courageux, vers le milieu de la photo, à gauche.

On voit deux derniers courageux, vers le milieu de la photo, à gauche.

24 Heures

De manière assez ironique, qui serait presque drôle si ça n’avait pas été si grave, on pensait que c’est la tête de Laurent Perroton qui allait connaître quelques soucis cette saison et non son cœur et sa thyroïde, qui l’ont forcé à prendre du recul par rapport à la bande en septembre. Car dès le moment où le Lausanne Hockey Club a noyauté le club de MySports League, on savait son chef sur le billot. Lui aussi, soit dit en passant, mais il ne fallait pas le dire et encore moins l’écrire…

Au final, il aura fallu attendre plus de deux mois pour que la tête de l’entraîneur français soit coupée et roule loin de la patinoire des Eaux-Minérales. Entre-temps, le Lyonnais de 45 ans, débarqué dans le canton de Vaud en 2003 pour prendre en mains les moins de 17 ans du LHC et ce qui était encore à l’époque le Star Lausanne tout court, s’est vu remplacer par son assistant Christian Ponti, puis par l'entraîneur des Elites du LHC Yves Sarrault, puis par son compatriote Stéphane Barin, engagé «définitivement» il y a quelques jours au poste d’entraîneur que Perroton était pourtant censé occuper à nouveau après son arrêt-maladie, selon le vœu des joueurs eux-mêmes. Vous suivez? Moi non plus.

Licences B de 2e Ligue

Si Laurent Perroton ne souffrait pas du cœur, il y aurait de toute façon eu mal d’une façon ou d’une autre, en voyant comment l’équipe qu’il dirigeait depuis près de sept ans était malmenée ces dernières semaines. Enfin, malmenée est un bien grand mot, car il y a «menée» dedans. Depuis que l’ancien attaquant de Lyon, Toulouse, Cergy ou encore Nice a été forcé de prendre du recul, le Star Forward a été secoué par de nombreux séismes, s’écroulant au passage de la 2e à la 11e place à la suite de quinze défaites de rang. Une sanction sportive logique, vu ce qui se tramait dans les coulisses.

Ces revers à la pelle ne tombent pas de nulle part. La formation lausanno-morgienne ne ressemblait plus que de loin à un collectif digne du niveau dans lequel elle évolue. Contrainte qu’elle était de faire appel ponctuellement à de nombreux juniors du club et du LHC, d’embaucher en licence B des joueurs venus de tout le canton et en prime de divisions inférieures, juste pour faire le nombre… Il y a mieux pour créer une saine ambiance. Surtout quand le «grand frère» d’à-côté impose ses vues, ses hommes et court-circuite volontiers l’autorité naturelle du vestiaire, comme celle d'un coach par exemple.

HC Chigny-Vufflens

Pire, comment faire à peu près sereinement son job, que ce soit pour Perroton et ses suivants, quand un président est capable de faire tout, son contraire et souvent n’importe quoi en l’espace de quelques semaines? Parce que sérieusement, ces deux-trois derniers mois, on a eu droit à du lourd, sur les rives du Léman. Et de nouveau, ça en deviendrait presque comique, si ça n’était pas la vie d’une équipe fondée sur les cendres du Star Lausanne, créé en 1923, et du Forward Morges, lancé en 1956 sous le nom du HC Chigny-Vufflens, qui était en jeu.

Journaliste interdit de vestiaires, interview du coach fraîchement licencié qui disparaît et réapparaît sur le site du journal «La Côte» (heureusement que grâce aux internets, de nos jours…), nombre de joueurs dans l’effectif certaines fois digne d’une équipe de corpo, guéguerre sur les réseaux sociaux, erreurs administratives qui vont coûter un des rares points récoltés récemment par sa troupe... Cette gestion qui mélange les pires travers de Christian Constantin et d’une sorte de Bulat Chagaev du pauvre a bientôt fatigué tout le monde. Le vrai exploit est, finalement, que ça n’ait pas encore découragé les derniers courageux.

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