Entre le ballon et le ballet, Giancarlo Sergi peine à choisir

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PolémiqueEntre le ballon et le ballet, Giancarlo Sergi peine à choisir

La nomination du Lausannois à la tête du Béjart Ballet suscite des critiques dans les milieux du basket. Le Lausannois dit qu’il va s’engager à «150%» pour le ballet. Mais ne veut pas lâcher le basket.

par
Eric Felley
Depuis 2014, Giancarlo Sergi préside aux destinées du basket suisse.

Depuis 2014, Giancarlo Sergi préside aux destinées du basket suisse.

swiss basket

Coup de théâtre le 3 août dernier, le Béjart Ballet Lausanne annonçait la nomination de son nouveau directeur général en la personne de Giancarlo Sergi. Cette nouvelle en a surpris plus d’un, car le Lausannois, 48 ans, est surtout connu dans le monde du sport, où il préside Swiss Basket depuis 2014. Le 11 juin, il venait d’être réélu pour une troisième période. Mais, contrairement à sa première réélection, celle-ci était contestée par le président de Pro Basket, Wilhelm Pfeifer.

Quatre ans de plus

Cette contestation a donné lieu à une campagne au sein des milieux du basket, où le challenger alémanique reprochait certains aspects de la gestion du président sortant. Mais le 11 juin, les délégués ont choisi d’accorder leur confiance à Giancarlo Sergi pour une durée de 4 ans. «L’intégrité, l’éthique, la continuité de la politique sportive et la poursuite de la commercialisation constituent une priorité pour la Fédération sous ce troisième mandat de Giancarlo Sergi», écrivait alors Swiss Basket. Il allait donc s’impliquer à 100% dans cette tâche.

Délégués pas informés

Sa nomination moins de deux mois plus tard à la tête du BBL a donc suscité un certain malaise chez les basketteurs. Le site spécialisé «Le Cinq Majeur» a publié dimanche 7 août un article virulent. Il dénonce le fait que le 11 juin, Giancarlo Sergi n’a pas informé, ou partiellement, qu’il était dans un processus de recrutement. «Peut-on tolérer qu’un président d’une institution aussi importante que Swiss Basket, écrit le site, puisse mener campagne pour sa propre réélection, tout en étant engagé dans un processus avancé de recrutement pour un poste encore plus prestigieux et extrêmement chronophage?»

Un concurrent «perplexe»

Autrement dit, si les délégués avaient été au courant, une majorité aurait pu se dessiner pour Wilhelm Pfeifer. Contacté, ce dernier tient d’abord à féliciter Giancarlo Sergi pour sa nomination au BBL: «Mais je suis un peu perplexe que cela a été communiqué si peu de temps après sa réélection à Swiss Basket. D’autant plus qu’il savait au moins lors de la réunion des délégués du 11 juin qu’il était sur la liste restreinte».

Une nouvelle assemblée?

Dans un tel contexte, les statuts prévoient que 20 délégués ou un 5e des clubs affiliés peuvent demander une assemblée extraordinaire et procéder à une nouvelle élection. Wilhelm Pfeifer se veut fair-play: «Après avoir été clairement battu à la réunion des délégués, je voudrais fondamentalement respecter la décision. Mais d’autres que moi devraient avoir leur mot à dire, par exemple ceux qui ont voté pour Giancarlo. Cependant, je suis d’avis que la procédure et le timing ont été très maladroits et je comprends un certain ressentiment».

Il reste président du conseil

«Le Cinq Majeur» met aussi en évidence la difficulté de travailler à deux postes qui demandent un engagement à 100%. Giancarlo Sergi a déjà tout prévu: «A Swiss Basket, j’exerce deux fonctions: président du conseil d’administration et membre du comité exécutif. Il est prévu que je quitte cette dernière fonction, pour ne garder que la présidence du conseil, à l’instar d’autres présidents de club qui ont un job à côté. Nous étudions la réorganisation du comité exécutif avec la création possible d’un poste de secrétaire général».

«4 à 5 réunions par année»

Selon lui, le poste de président du conseil d’administration de Swiss Basket est «honorifique» et peu chronophage: «Cela représente 4 à 5 réunions par année et un peu de temps pour représenter la fédération ou remettre quelques médailles». Quant aux reproches de ne pas avoir informé les délégués lors du vote du 11 juin, sa réponse est simple: «J’étais tout simplement encore loin d’être nommé au BBL. Si je l’avais été, j’aurais donné cette information.»

Dès le 1er septembre, il va commencer à 80% à son nouveau poste. Dans un délai de trois à six mois, et après la réorganisation du comité exécutif de Swiss Basket, il va se consacrer «à 150%» à sa nouvelle fonction, qu’il considère comme un «magnifique défi».

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