Basketball: Entre Nyon et Union, il fallait bien un perdant
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BasketballEntre Nyon et Union, il fallait bien un perdant

Les Neuchâtelois, qui ont remporté la série 3-1, sont tournés vers leur demi-finale contre Massagno. Pour Nyon, les vacances vont commencer par leur lot de questions.

par
Jérémy Santallo
(Nyon)
Immense lorsqu’il n’est pas blessé, Laurent Zoccoletti (12) devrait être l’une des priorités du mercato nyonnais.

Immense lorsqu’il n’est pas blessé, Laurent Zoccoletti (12) devrait être l’une des priorités du mercato nyonnais.

Ludovic Lin/BBC Nyon

Ils sont tous restés pendant de très longues minutes sur le parquet. Comme si les deux camps voulaient profiter de l’adrénaline de ce moment jusqu’aux ultimes instants. Tandis que les joueurs d’Union célébraient et que le capitaine Bryan Colon se rapprochait inexorablement de l’extinction de voix après ses cris sur le buzzer, Isiah Umipig était là, seul, les mains sur les genoux devant le banc neuchâtelois. L’arrière américain du BBC Nyon, qui a terminé le match avec le pire différentiel de siens (-11), a remimé le geste de son dernier tir, celui qu’il a raté à la dernière seconde, celui qui devait envoyer tout ce beau monde et cette série dans un match 5 que l’on va regretter un moment.

Parce qu’il faut l’écrire: ce quart de finale des play-off de SB League aurait clairement mérité de se jouer jeudi, à la Riveraine. «Si on regarde juste notre performance lors de cet acte IV, on méritait ce cinquième match», expliquait Xavier Paredes. Sur les deux parties au Rocher, Nyon s’est incliné deux fois, de 4 points puis 1, mardi. En regagnant le parking qui jouxte la salle, samedi passé, le camp neuchâtelois l’avouait sans détour: «On gagne le match 3 mais on joue mal.» Et mardi soir, le son de cloche n’était pas franchement différent dans les entrailles du Rocher. «Je n’arrive toujours pas à comprendre comment on a gagné cette partie», avouait Bryan Colon. Avec des gros tirs, pardi!

«Dans quelques jours, ils se rendront compte de la saison accomplie.  C’était admirable»

Stefan Ivanovic, coach du BBC Nyon

Ceux à longue distance d’Aleksa Popovic – meilleur joueur d’Union, pour nous, avec Daniel Giddens sur la série – ou encore celui de Yoan Granvorka, ont fait terriblement mal dans les têtes nyonnaises. Parce que les joueurs locaux ont fait la course en tête pendant les huit premières minutes du quatrième quart. «Vraiment, rien ne nous a été offert ce soir (ndlr: mardi). Il a fallu qu’on lutte, qu’on gratte, qu’on s’arrache, tout le temps. Et puis ces tirs que l’on encaisse à la fin…, soupirait le coach de La Côte, Stefan Ivanovic. Yoan qui marque, alors que ce n’est pas non plus leur meilleur shooteur et qu’il est bien défendu. Il revient en forme et je suis content pour lui. Mais ça fait mal.»

Comme tous les protagonistes de cette magnifique série, Ivanovic ne voulait pas vraiment quitter le parquet. Bras dessus bras dessous avec son président Xavier Paredes, on l’a vu enchaîner les étreintes avec des membres de sa famille ou du club. Cette défaite sur la plus petite des marges (62-63) signifie la fin de la saison nyonnaise. «Je suis triste pour mes gars, car ils ont tout donné. Je les ai remerciés, c’est le premier truc qui m’est sorti du cœur. Il faut garder la tête haute. Dans quelques jours, ils se rendront compte de la saison accomplie (ndlr: une 6e place lors de la saison régulière, une finale de Coupe suisse et une élimination au 1er tour des play-off). C’était admirable.»

«Cela m’aurait dépité si on avait perdu ce match alors là, je suis tellement soulagé»

Selim Fofana, meneur d’Union Neuchâtel

Plus loin, Selim Fofana discutait, lui aussi. Le meneur neuchâtelois a eu une série compliquée sur le plan personnel. Mardi, il a laissé tomber ses coéquipiers dans le money-time. Après avoir écopé d’une quatrième faute qui n’existait pas, il a pris une faute technique. «Les arbitres ont été assez injustes avec moi. Cela m’aurait dépité si on avait perdu ce match, alors là, je suis juste soulagé, racontait l’international suisse. Soucieux de donner le ballon à ses intérieurs et de sa sélection de tirs, Fofana devra redevenir lui-même, dès samedi, en demi-finale contre Massagno. En bref: lâcher les chevaux et faire courir ses coéquipiers face à la courte et vieillissante rotation tessinoise.

Du côté du BBC Nyon, c’est donc l’heure des vacances. Du moins sur le parquet. Parce qu’en coulisses, cela va très vite s’agiter. Au réveil, mercredi, il n’y avait plus que l’entraîneur, Stefan Ivanovic, qui possédait encore un contrat (d’une année). «Nos joueurs sont tous libres mais il ne faut pas le dire trop fort. On cherche déjà à nous les piquer», rigolait le coach, en parlant de ses Suisses, qui ne vont pas manquer d’être courtisés. Et quid de Maleye N’Doye? Le Sénégalais a 41 ans mais il était loin de les faire, mardi, avec ses 23 points. «C’est trop tôt pour prendre une décision, mais l’envie et la passion sont toujours là, disait-il. Ailleurs qu’à Nyon? Il n’en a jamais été question.»

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